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Montparnasse

Le Montparnasse qui nous fascine n'est pas vraiment celui d'aujourd'hui, avec sa gare immense et sa tour sombre. Mais plutôt le Montparnasse des années 1920 - 1940, les années folles. Le quartier était alors encore en friche, mais il allait devenir le centre névralgique de l'art. Dans ces années-là, Paris avait beaucoup d’atout. La ville était marquée au fer blanc dans toutes les mémoires des artistes du monde. Chacun rêvait de marcher dans les pas de Charles Baudelaire, Arthur Rimbaud, Victor Hugo, Gustave Flaubert, Claude Monet, Édouard Manet, Vincent Van Gogh, Paul Gauguin, Ingres, Eugène Delacroix, Toulouse-Lautrec... Aux USA, la prohibition faisait rage, les artistes comme Ernest Hemingway, Henri et June Miller, Gertrude Stein… émigrèrent dans la Ville Lumière, où le champagne, le vin et les cocktails coulaient à flot. À la recherche de loyer modique, ils s’installèrent à Montparnasse. De toutes les villes d’Europe, d’autres artistes comme Picasso, Man Ray, Modigliani, James Joyce, Marc Chagall, Blaise Cendras, Max Jacob… convergèrent ici. Les rues, les bars, les hôtels et les restaurants se peuplèrent de ces avant-gardistes et de leur débordement. À cette époque, celle d’avant Internet, les gens se rencontraient dans les bistrots, buvaient, riaient, discutaient sur l’art et se battaient parfois. On dit que la police ne mettait pas les pieds à Montparnasse, le patron du troquet fermait la porte, et les laissait régler leur affaire. 

Puis un jour, les folies s'essoufflent, les artistes s'embourgeoisent et la guerre tourne la page des réjouissances. Aujourd'hui, Montparnasse est un centre d'affaires le jour. Mais, à la nuit tombée, le quartier s’illumine et ressemble à nouveau à ces années folles. Retournons aux sources de la folie, dans les bars, les restaurants, les hôtels, les rues, qui ont fait l’histoire de ce quartier. Avec de bonnes adresses, on retrouvera les enseignes lumineuses au style art déco, des établissements qui en ont fait la gloire. Comme ceux d’hier, sortons et installons-nous à une table, ou promenons-nous dans ces rues, en fredonnant, comme Renaud :


Puisque les Basques et les Bretons,

Les Alsaciens, les Occitans

Les Corses les Ch'timis les Wallons

Y veulent tous être indépendants.

Puisqu'ils veulent tous l'autonomie

Qu'à priori ils ont pas tort

Bah c'est décidé moi aussi

J'prend ma guitare et j'cris bien fort

Que je suis le séparatiste

Du 14e arrondissement

Oui que  je suis l'autonomiste de la porte d'Orléans.

  

Les Montparnos

Le Dingo Bar
Ernest Hemingway avec Francis Scott Fitzgerald

Le Dingo Bar

Ernest Hemingway

Francis Scott Fitzgerald

Le dingo bar. Aujourd’hui : Auberge de Venise

10, rue Delambre – Montparnasse – Paris.


Dans les années de l’entre deux guerres, le Dingo faisait parti de ces bars, où se réunissait la bohème artistique de Montparnasse. Situé dans une des rues les plus appréciée de ces artistes des années folles, son client le plus assidu fut, sans doute, Ernest Hemingway. Il était quand même pilier de comptoir, dans pas mal de troquet de la capitale. A se demander, quand trouvait-il le temps d’écrire. Le dingo, fut tout de même, immortalisé par l’écrivain lui-même, dans « Paris est une fête », car c’est au comptoir de ce bar, qu’il fit la connaissance de Francis Scott Fitzgerald. Rejouons-nous la scène… Ernest est Installé sur un tabouret, au comptoir, Scott, rentre dans le bar, se dirige vers lui et se présente, ainsi que l’un de ses amis, Dunc Chaplin (joueur de base-ball de l’époque). Ils se mettent à boire une bouteille de champagne tous les trois, pendant que Scott monologue sur le talent d’écrivain d’Ernest. Ernest, gêné, étudie la physionomie de Scott. Ils commandent une deuxième bouteille, et Scott lui pose enfin une question. Faisons les curieux, et approchons nous du comptoir pour écouter :

  • Ernest, dit-il. Ca ne vous fait rien que je vous appelle Ernest, n’est-ce pas ?

  • Demandez à Dunc, dis-je.

  • Ne soyez pas stupide. C’est très sérieux. Dites-moi, est-ce que votre femme et vous avez couché ensemble avant d’être mariés ?

  • Je ne sais pas.

  • Comment, vous ne savez pas ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

  • Je ne m’en souviens pas.

  • Mais comment pourriez-vous avoir oublié une chose aussi importante ?

  • Je ne sais pas, dis-je. Bizarre, n’est-ce pas ?

  • C’est pis que bizarre, dit Scott. Il faut que vous soyez capable de vous en souvenir.

  • Je regrette. C’est désolant n’est-ce pas ?

  • Ne vous conduisez pas comme un Angliche, dit-il. Tâchez d’être sérieux et faites un effort de mémoire.

  • Que non ! dis-je. C’est sans espoir. 

                                          Paris est une fête – Ernest Hemingway.

On dit que c’est aussi ici qu’Ernest Hemingway, en connaisseur de cocktails, aurait trouvé la recette du « Long island iced tea ».

Aujourd’hui, le Dingo Bar a troqué son nom, contre l’auberge de Venise. Il est devenu un restaurant italien. Mais, le vieux comptoir en bois est toujours là, en mémoire à ces folles années.   

  

Les années folles.

Hôtel Lenox***

15, rue Delambre - quartier Montparnasse.


Ancien nom: Grand Hôtel des Écoles.

Cet hôtel est situé dans une rue particulièrement fréquentée par les Artistes des années folles. L'hôtel Lenox, s'appelait alors le Grand Hôtel des Écoles. Parmi ses hôtes prestigieux :

- Henry et June Miller, qui habitèrent ici de 1928 à 1930. À cette époque, Miller n'est pas encore un écrivain.

- Tristan Tzara : écrivain, poète, fondateur du mouvement Dada. En 1921, alors qu'il venait d'arriver à Paris, il loua une chambre dans cet hôtel.

- Alice Prin, dit "Kiki de Montparnasse". Modèle et amante de Man Ray, elle posa aussi pour: Foujita, Soutine, Bob Lodewick et le peintre avec qui elle partagea sa vie pendant 4 ans, Maurice Mendjinsky et bien d'autres peintres. Partant de rien, et c'est peu de le dire, elle devint tour à tour, chanteuse de cabaret, écrivaine et peintre.

- James Joyce: écrivain du Portrait de l'artiste en jeune homme, Ulysse, La veillée des Finnegan, Stephen le héros.

- Gertrude Stein : Écrivaine, poétesse, féministe et collectionneuse d'art. Son livre  qui eut le plus grand succès: The authobiography of Alice B. Toklas.

- Jean Cocteau : Les parents terribles, La belle et la bête...

- Marc Vaux : Le photographe des peintres.

- Man Ray : Sa chambre était le N° 37. Il en fit l'un de ses premiers studios photo. C'est ici qu'il photographia James Joyce, Gertrude Stein...

Man Ray
Jean Cocteau

Man Ray

Jean Cocteau

Cafés - Bars - Restaurants

La Coupole

102 Boulevard du Montparnasse

Le 20 décembre 1927, une inauguration eut lieu sur le Boulevard du Montparnasse. Une soirée que les Montparnos ne devaient pas manquer, l’ouverture des portes du restaurant de la Coupole. La Coupole, se nom, comme un écho aux autres cafés du coin : le Dôme et la Rotonde, avait pour ambition d’être le plus grand restaurant de Paris. Depuis déjà deux ans, Paris vivait à la mode Art déco. La Coupole allait devenir le symbole de ce nouveau style aux formes géométriques qui se mettait en opposition aux rondeurs et aux lignes arabesques de l’Art nouveau. Le fleuron de la Coupole est son immense salle, parsemée de 33 piliers recouverts d’imitation marbre et de ses pilastres, chacun peint par un artiste, ainsi que de son fameux curry d’agneau. Le jour de l’inauguration, les 1200 bouteilles de champagne Mumm ne suffirent pas à étancher la soif des 3000 invités. Parmi ses hôtes on pouvait y rencontrer, le monde des arts et leurs modèles, celui des lettres, ainsi que la faune des nuits parisiennes, et tous ceux qui voulaient faire parti de ce qui brillent, avaient rendez-vous là, ce 20 décembre 1927. Depuis, rien n’a vraiment changé à la Coupole. Moins d’artistes, plus de touristes, comme partout ailleurs, mais il est toujours ce temple de l’Art déco, et il n’a jamais désemplis. Des les 1ers jours il est devenu la cantine d’artistes comme Jean Cocteau, Louis Aragon dont on dit qu’il partie de la soirée inaugurale au petit matin dans un car de police. Tous les artistes des années folles « les Montparnos », qui vivaient dans le quartier, ont adopté ce lieu : Man Ray, Henri Miller, Salvador Dali, Henri Matisse, James Joyce qui fréquentait plutôt le bar pour aligner des whiskies, Ernest Hemingway dont on dit qu’il aurait libéré la Coupole en août 1944 avec la 2e DB, Mistinguett, Joséphien Baker qui venait dîner avec son guépard femelle Chiquita qui terrorisée les clients, Pablo Picasso, Kiki de Montparnasse qui se baigna nue dans la vasque lumineuse au milieu du restaurant… Puis, la guerre arrêta la fête, mais elle reprit aussitôt celle-ci terminée (un peu grâce à Ernest quand même). Les tables se remplirent à nouveau, d’artistes anciens et récents : Georges Simenon, André Breton, Albert Camus qui avait la table n° 149 et qui fêta ici son prix Nobel, Jean-Paul Sartre table n°149, Simone de Beauvoir, Yves Montant, Édith Piaff, Coluche qui rencontrera sa future épouse, Renaud qui, en 1973, faisait la manche en terrasse, Jane Birkin, Serge Gainsbourg, aujourd’hui Charlotte Gainsbourg, Jacques Higelin qui faisait partie de la bande de la coupole qui se réunissaient à la table n° 70, Ionesco qui avait ses habitudes à la table n°34, Amélie Nothomb… On ne pourrait pas faire la liste de tous les artistes qui sont venus déguster le Curry d’agneau de la Coupole. Depuis 1988, la Coupole est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.

Alors, n’hésitons pas et suivons les conseils de Renaud :

Quand viens le soir, j’aime aller boire

Un verre d’alcool à la coupole,

Pour faire du gringue à toute ces dingues,

A toutes ces folles bien trop frivoles.

Toutes les idoles, de la Coupole,

Les midinettes, les gigolettes,

Les carolines en crinolines,

Ne sont en fait que des starlettes.

  

La Coupole

La Coupole

dans les années folles.

Jean-paul Sartre et Simone de Beauvoir à la Coupole

Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir

à la Coupole

Georges Simenon et Joséphine Baker à la Coupole

Georges Simenon et Joséphine Baker

à la Coupole.

Hôtels

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Pub le Falstaff

42 rue du Montparnasse à Paris

C'est dans ce bar à bières que notre ami Ernest Hemingway prit une déculottée un soir de juillet 1929. Ses amis canadiens, Morley Callaghan et sa femme, l'avaient rejoint pour passer l'été à Paris. Callaghan était journaliste et écrivain, ils s'étaient connus quelques années auparavant au Canada, lorsqu'ils travaillaient tous les deux pour le Toronto Star. Callaghan avait voulu tenter l'expérience de la « Lost Generation », terme de Gertrude Stein pour tous ces artistes américains émigrés en France pendant les années folles. Leur amitié se termina brutalement un soir de juillet 1929. Les deux hommes se trouvaient au Falstaff, lorsqu'ils décidèrent de s'affronter dans un combat de boxe. Ils improvisèrent un ring dans le pub et nommèrent F. Scott Fitzgerald comme arbitre. Ce dernier était complètement ivre, et, captivé par le combat, ou par son verre, ou par l'envie de voir s'effondrer Hemingway, oublia de sonner le gong. Callaghan était un homme plutôt balèze, on disait qu'il avait des épaules de boxeurs, aussi, c'est avec aisance et force qu'il martelait le visage de « Hem » avec ses poings. Le round n'en finissait pas et Callaghan ne s'arrêtait pas de frapper. Soudain, Fitzgerald sépara les deux hommes en s'excusant, son chronomètre indiquait que le round avait duré 3,45 minutes au lieu d'une minute comme c'était prévu. Fou de rage, Hemingway balança à Fitzgerald : Si tu as envie de me voir dérouiller, dis-le carrément ! Et ne raconte pas que tu t'es trompé !"

Humilié à l'idée que le Tout-Paris allait savoir sa défaite face à Callaghan il finit par s'en prendre à lui et se fâcher. Ce dernier ne resta pas longtemps à Paris et retourna affronter le froid canadien des la fin de l'été.

Quelques années plus tard, Simone de Beauvoir, dans « Mémoire d'une jeune fille rangée », se rappelle l'époque où elle passait des heures en compagnie de Jean-Paul Sartre à boire des cocktails au Falstaff.

  

Ernest Hemingway
Jean-paul Sartre avec Simonde de Beauvoir

Ernest Hemingway

Jean-Paul Sartre

Simone de Beauvoir

Le Rosebud bar et restaurant

11 bis, rue Delambre

Le Rosebud date de 1962. Ce bar à cocktails joue à fond l’élégance un peu désuète. Les serveurs sont en vestes blanches, on écoute de vieux vinyles aux notes de jazz. Le client le plus connu du bar a sans doute été Jean-Paul Sartre : une statue à son effigie nous surveille d’ailleurs derrière le comptoir. Mais au fait, d’où vient ce mot Rosebud ? Probablement du célèbre Citizen Kane d’Orson Wells : lorsque le grand magnat de la presse Charles Foster Kane meurt, il prononce ce mot mystérieux : « Rosebud ».

Jean-paul Sartre

Hôtel Delambre (ancien nom : Hôtel des Ecoles)

35, rue Delambre

Paul Gauguin

Le 1er artiste que nous avons retrouvé ayant loué une chambre dans cet hôtel est Paul Gauguin. Avant d’être l’artiste que nous admirons, Paul Gauguin a été marin et agent de change pour la bourse de Paris. Ce n’est qu’en 1874, alors qu’il est âgé de 26 ans, qu’il va rencontrer Camille Pissarro et se lancer dans la peinture avec les impressionnistes. Gauguin était un véritable globe-trotter. Avant de poser ses valises à l’hôtel des Écoles, il avait déjà navigué un peu partout dans le monde : le Panama, la Martinique, le Pérou. Mais il allait aussi marquer son temps de son pinceau. Il fut l’un des fers de lance de l’École de Pont-Aven. C’est en 1891 que Paul Gauguin va faire une halte à l’hôtel des Écoles (aujourd’hui hôtel Delambre). Il n’a alors plus un sou, et rentre d’Arles où il a vécu quelque temps avec son ami Vincent Van Gogh, jusqu’à cet épisode tragique où Van Gogh se sectionna l’oreille. Il resta à Paris, juste le temps nécessaire pour vendre quelques toiles et fuir pour toujours le monde occidental. Il s’embarquera pour Tahiti dès qu’il le pourra.    

André Breton

André Breton s’installa à l’hôtel des Écoles en 1920. À cette même époque, Tristan Tzara arrivait de Zurich et s’installait dans un hôtel juste à côté, l’hôtel des Grandes Écoles (aujourd’hui l’hôtel Lenox). André Breton venait de publier son fameux « Les Champs Magnétiques », dans lequel il exploitait l’écriture automatique, cette technique qui consiste à laisser aller sa plume, sans se poser de question ni faire de correction. La venue de Tristan Tzara, qui était l’un des chefs de file du Dadaïsme, l’enchantait, mais il fallut attendre quelques années avant que les deux artistes se rejoignent.

Aujourd’hui, l’hôtel, rebaptisé Delambre, offre le confort d’un trois étoiles, dans une rue calme et pourtant l’une des plus mythiques des années folles.

  

Paul Gauguin autoportrait

Paul Gauguin autoportrait

André Breton

André Breton

Henri Matisse autoportrait
Josephine Baker

Autoportrait

Henri Matisse

Josephine Baker

Hôtel Lutetia ****

45, Boulevard Raspail - Quartier Montparnasse.


Cet élégant hôtel de style Art Nouveau, situé à la frontière de St. Germain et Montparnasse, dans le quartier, Notre-Dame-des-Champs, a ouvert ses portes en 1910. L'idée de départ était de pouvoir offrir aux clients du grand magasin "Le bon marché", un hôtel sur rive gauche, digne de leur bourse.

Le Lutetia, prit ses lettres de noblesse dans les années folles, mais son histoire est aussi liée à celle de la France. Pendant les années 1920, il devint le repère des artistes de la rive gauche:

Pablo Picasso prit une chambre à l'année, ainsi que Henri Matisse et André Gide. James Joyce, Saint Exupéry, Samuel Beckett, André Malraux, Joséphine Baker et toute sa marmaille, Albert Cohen, dont on dit qu'il écrivit dans une de ces chambres "Belle du seigneur". Puis, les années folles s'en allèrent, chassées par la dernière guerre mondiale. Le 15 juin 1940, ses nouveaux occupants furent le service de renseignements et de contre-espionnage de l'état-major allemand. Honteux d'avoir été obligé d'abriter de tel hôtes, à la libération, le propriétaire décide de faire de l'hôtel le centre d'accueil des déportés, qui arrivaient des camps de concentrations.

Aujourd'hui, le Lutetia a repris sa place dans les palaces de la capitale. Ses différentes suites sont décorées par thème: parisienne, littéraire... Mais les artistes d'aujourd'hui continuent de marquer, de leur empreinte, cet hôtel. Les suites David Lynch et celle  du peintre, sculpteur, Arman, ont été décorées par ces Artistes.

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Georges, la Jeanne et l’Auvergnat

9, Impasse Florimont – Paris 14e –

Pour comprendre les chansons de l’ami Georges Brassens, il faut jeter un œil du côté de l’impasse Florimont, à l’adresse de Jeanne et Marcel.

Jeanne : Chez Jeanne, la Jeanne,

                                      Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu,

                                      On pourrait l’appeler l’auberge du Bon Dieu

                                      S’il n’en existait déjà une,

                                      La dernière où l’on peut entrer

                                      Sans frapper, sans montrer patte blanche…

Marcel : l’Auvergnat

                                                Elle est à toi cette chanson,

                                                Toi l’Auvergnat qui, sans façon,

                                                M’as donné quatre bouts de bois

                                                Quand, dans ma vie, il faisait froid,

                                                Toi qui m’as donné du feu quand

                                                Les croquantes et les croquants,

                                                Tous les gens bien intentionnés,

                                                M’avaient fermé la porte au nez…

On est en 1943, la jeunesse française sous Vichy subit le Service du Travail Obligatoire (STO). Georges Brassens n’échappe pas à la corvée et se rend au camp de travailleurs de Basdorf dans les alentours de Berlin. Là, il va travailler dans les ateliers où l’on fabrique les moteurs d’avions BMW. Au bout d’un an, Georges obtient une permission pour 15 jours. Fini le cambouis, les saucisses et la bière : Georges déserte et retourne à Paris. Sa tante, chez qui il se rend, l’envoie se cacher de la Gestapo qui rode, chez une amie, au 9 de l’impasse Florimont. Les propriétaires, Jeanne et Marcel, acceptent d’héberger le jeune rebelle de 22 ans. La maison est petite, mais quand il y en a pour deux, il y en pour trois. On installe Georges dans un lit-cage, au fond de la salle à manger. Dans un coin, un poêle qui se nourrit de tout bois, y compris du plancher, pour réchauffer la petite tribu pendant la guerre. Une armoire près du lit avec laquelle Georges frappe du pied pour donner du rythme à ses chansons, une table ronde, un escalier en colimaçon qui mène à la chambre de Jeanne et Marcel et des chats, des chiens, des oiseaux, une canne, une tortue… Il faut dire que la Jeanne est réputée pour ouvrir sa porte à tous les malheureux, pour Georges elle est même un peu folle. Il n’empêche que Georges et Jeanne vont vivre une grande histoire d’amour. Georges veut être poète et Jeanne la couturière croit en son talent. Pendant un an, il va se cacher, attendre la libération, mais surtout lire. Jeanne va investir dans les livres des grands de ce monde : Fillon, Victor Hugo, Rimbaud, Baudelaire… Georges doit apprendre à exprimer toutes ces choses qui lui traversent l’esprit, en faisant des rimes. Côté cœur, la maison fait ménage à trois. On ne sait pas si Marcel, le mari, qui passe pas mal de temps au bistrot, est au courant de l’histoire d’amour qui se joue chez lui entre Georges, 22 ans, et Jeanne, 50 ans. La libération arrive, mais Georges Brassens ne va rien changer à ses habitudes, et continuera à vivre sous le toit de Jeanne et Marcel pendant plus de vingt ans, dans cette petite maison sans eau ni électricité. Plus tard, il dira de cet endroit : « J’y étais bien, et j’ai gardé, depuis, un sens de l’inconfort tout à fait exceptionnel. ». Avec le temps et le succès, Brassens va se détacher de Jeanne et avoir des aventures plus ou moins sérieuses. Il prendra soin que tout ce petit monde ne puisse pas se croiser. Mais il restera près de Jeanne jusqu’à la fin. Cependant, il quittera la petite maison, non pas parce que le succès le rendit bourgeois, mais à cause de la mort de Marcel et du remariage de Jeanne avec un homme un peu clochard sur les bords, mais surtout un peu brutal après quelques verres, et ça, Georges, il n’aima pas. Aussi, il quitta le foyer de Jeanne après 22 ans de vie cachée dans l’impasse Florimont. En écoutant Brassens, on peut retrouver de cette vie simple, de ses joies et de ses peines. Par exemple, Jeanne avait vraiment une canne. Lorsqu’elle est morte, Brassens chanta : La canne — De Jeanne — Est morte ce matin – Elle avait fait – La vielle – Merveille, un œuf.

Moins drôle, la chanson : « Mourir pour des Idées » lui aurait été inspiré par le frère de Jeanne, qui avait été conduit à Fresnes alors qu’il faisait de la résistance. Georges accompagna Jeanne voir son frère une dernière fois en prison. Puis, on le transféra en Allemagne où on lui coupa la tête à la hache.

Mourir pour des idées, l’idée est excellente – Moi j’ai faillit mourir de ne pas l’avoir eu…

Après avoir quitté l’impasse Florimont, Georges acheta une vielle maison, à une heure de Paris. Il avait comme voisin Bourvil, et comme invités tous ses amis, ceux du camp en Allemagne, qu’il n’a jamais quittés, mais aussi des plus célèbres comme Georges Moustaki, Raymond Devos, Marcel Amont…

Je vivais à l’écart de la place publique,

Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique,

Refusant d’acquitter la rançon de la gloire,

Sur mon brin de laurier, je dormais comme un loir.

Les gens de bon conseil ont su me faire comprendre

Qu’à l’homme de la rue j’avais des comptes à rendre

Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,

J’devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.

Trompettes

De la Renommée,

Vous êtes

Bien mal embouchées !

Georges Brassens Impasse Florimont
Georges Brassens chez Jeanne
Georges Brassens, 9 Impasse Florimont
Georges Brassens avec Jeanne Planche

Lieux