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Oscar Wilde à Paris

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Le Paris d'Oscar Wilde avec Under&Over-Ground

  

Dedans la geôle de Reading

Est une tombe d'infamie.

Dévoré par des dents de flamme,

C'est là qu'un misérable gît,

Il gît dans un linceul ardent

Aucun nom sur sa tombe écrit.


  

Oscar Wilde
Oscar Wilde

À la fin du XXe siècle, Londres se trouvait à plus de 14 heures de Paris. Un Anglais qui voulait se rendre à Paris pouvait prendre le train à Victoria Station pour se rendre à Newhaven, de là, prendre un bateau pour Dieppe, puis, encore un train jusqu’à la gare Saint-Lazare à Paris. Le plus long était la traversée en bateau. Le temps du trajet n’a jamais cessé de se raccourcir depuis. Oscar Wilde découvrit Paris pour la première fois à 20 ans, en compagnie de sa mère et de son frère ainé. Pendant qu’il était étudiant, il voyagea en Italie puis en Grèce, en passant bien sûr par Paris. 

  

The Westin**** (Hôtel Continental)

3, rue de Catiglione

C’est en janvier 1883 qu’Oscar Wilde est venu à Paris pour la 1ere fois comme écrivain. Il venait de faire une tournée d’un an de conférences aux États-Unis, lors de laquelle il avait déclaré aux douanes: « Je n’ai rien à déclarer que mon génie ». Il était temps pour lui de se faire connaitre dans la ville de Victor Hugo et de Paul Verlaine, qu’il admirait tant. Les poches bien remplies grâce à ses conférences, il loua une chambre dans l’un des hôtels les plus luxueux de Paris de cette époque: « le Continental », aujourd’hui « The Westin ». Très bien situé entre le Louvre et la place Vendôme, il était alors devenu l’adresse des princes russes qui visitaient Paris. Aujourd’hui encore, cet hôtel est une adresse de luxe dans la capitale.

Oscar Wilde

Malgré l’argent que lui avaient rapporté ses conférences aux U.S.A, il aurait été imprudent pour Oscar Wilde de rester dans cet hôtel pour riches. Il traversa donc la Seine et alla poser ses valises sur la rive gauche, à l’Hôtel du Quai Voltaire. Il n’était pas le premier poète à s’y établir, puisque 27 ans auparavant, Charles Baudelaire, qu’Oscar Wilde admirait, s’était installé ici pendant la période où il corrigeait ses Fleurs du Mal.

Hôtel du Quai Voltaire***

19, Quai Voltaire

Chambre n°14, deuxième étage. La chambre offre une vue sur les quais. Lorsqu’il rencontra pour la 1ère fois celui qui allait devenir son ami et son 1er biographe, Robert Sherard, celui-ci admirait par la fenêtre la Seine et le Louvre, Oscar lui répondit : « Oh, c’est tout à fait sans importance, sauf pour l’aubergiste qui, bien sûr, le compte sur sa note. Un gentleman ne regarde jamais par la fenêtre. »

Pour en savoir un peu plus sur les clients prestigieux de cet hôtel: Hôtel Quai Voltaire

  

Oscar Wilde

Pour son premier séjour en tant qu’artiste à Paris, Oscar Wilde voulu rencontrer les plus grands écrivains. Il envoya aux gens de lettres qu’il estimait et qu’il désirait rencontrer son recueil « Poèmes », qu’il avait publié à Londres à compte d’auteur, avec un petit mot personnalisé pour chacun d’eux. Fortiche en marketing, les portes des salons parisiens s’ouvrirent à lui. Son nouvel ami, Robert Sherard, l’accompagna voir Victor Hugo. Hugo était un vieil homme de 81 ans, fatigué et malade. Oscar Wilde s’efforça d’animer la conversation de son mieux, mais le vieux poète n’en fut pas du tout impressionné. Dans ses mémoires, Robert Sherard, relate ainsi cette rencontre : « La plus grande abondance de brio anglais n’apparait à un français que comme la petite monnaie de l’esprit. Je n’ai encore jamais rencontré d’Anglais qui ait pu se distinguer dans un salon parisien. » Puis, de salons en salons, il fit la connaissance d’Edgar Degas, de la grande comédienne Sarah Bernhardt avec qui Wilde resta ami, de Camille Pissaro, d’André Gide…

Robert Sherard
Victor Hugo

Victor Hugo

Sarah Bernhardt

Sarah Bernhardt

Edgar Degas

E. Degas

R. Sherard

Café François 1er

Le café François 1er n’existe plus. D’après nos recherches, il se situait au croisement du Boulevard St Michel et la rue Royer-Collard, en face du jardin du Luxembourg.

Parmi les écrivains que souhaitait rencontrer Oscar Wilde, l’un des plus importants pour lui était Paul Verlaine, qu’il admirait par-dessus tout. Le rendez-vous fut pris au café François 1er, là où le poète maudit avait ses habitudes. Paul Verlaine était en pleine descente aux enfers. Il venait de purger deux ans de prison en Belgique, pour avoir tiré et blessé son amant Arthur Rimbaud, et il n’allait pas tarder à y retourner un mois pour avoir tenté d’étrangler sa propre mère. Oscar Wilde fut effrayé à la vue de cet homme qu’il trouva « vraiment trop affreux ». Alors qu’Oscar essayait de flatter Verlaine sur son œuvre, celui-ci ne l’écouta pas, et passa son temps à lorgner sur les cigarettes et le verre d’Oscar.

  

Paul Verlaine

Paul Verlaine

  

Edmond de Goncourt

Edmond de Goncourt

À cette époque, Oscar Wilde n’a pas encore découvert son homosexualité, c’est un dandy qui aime les jolies femmes. Bien que ses manières et ses vêtements aient pu laisser paraître une certaine féminité, son entourage, et peut-être lui-même, n’y voyaient que du feu. Sauf peut-être ce cher Edmond de Goncourt, qui le croisa lors d’une soirée. En rentrant chez lui, Edmond, comme on le sait, notait dans un journal les personnes avec qui il avait passé ses soirées, les discutions et les cancans de salons… : « Dîner chez les Nittis avec le poète anglais Oscar Wilde. Cet individu au sexe douteux, au langage cabotin, aux récits blagueurs… » Edmond semble n’être pas dupe sur l’orientation sexuelle d’Oscar.

De retour à Londres, Oscar va rencontrer une belle jeune femme, Constance Llyod. Ils vont tomber amoureux, se marier aussitôt et avoir deux enfants. Constance Lloyd était une militante. Pendant longtemps, elle s’est battue contre la mode victorienne qui obligeait aux femmes de porter des corsets et des robes lourdes. Ce n’est qu’au moment du procès qu’elle semble prendre réellement conscience de l’homosexualité de son mari. Mais pour l’heure, ils s’aiment, ils viennent de se marier et partent dans la ville la plus romantique pour leur lune de miel : Paris.

Hôtel Wagram

208, rue de Rivoli

C’est dans une suite de trois pièces, au 4e étage de l’hôtel Wagram, avec vue sur les Tuileries, qu’Oscar et sa femme Constance passèrent leur lune de miel en juin 1884. Cet hôtel avait surtout une clientèle anglaise. À l’époque, la suite qu’avaient louée les Wilde coûtait 20 francs la nuit. Aujourd’hui l’hôtel n’existe plus, mais le bâtiment est toujours là.

Constance Lyod

Constance Lyod

Le voyage de noces fut éblouissant. Les deux amoureux firent la tournée des grands-ducs, avec restaurants, café, théâtre où ils allèrent applaudir de nouveau Sarah Bernhardt dans Macbeth. Oscar se comportait en amoureux, offrant des fleurs à chaque occasion à Constance et la présentant à tout le monde.

Après la lune de miel, Wilde repartit pour Londres et se mit au travail. Il reprit ses conférences, travailla comme critique dramatique dans Vanity Fair quelque temps, puis fut engagé comme rédacteur du Lady’s World qui allait devenir Woman’s World. Nageant comme un poisson dans l’eau dans le monde de la presse, de l’édition et de la bourgeoisie, il se mit à travailler sur ce qui allait devenir son meilleur, et de toute façon, son seul roman : « Le Portrait de Dorian Gray ». C’est sûrement à cette époque qu’Oscar Wilde va découvrir ses goûts sexuels. C’est aussi à ce moment-là, lorsque le livre parut à Londres en 1890, que la réputation d’Oscar va déraper. Les critiques comprirent en lisant son livre que Dorian était Oscar et qu’il était homosexuel. À l’époque victorienne, il valait mieux ne pas s’en vanter, car les homosexuels étaient punis par la loi. Le coming-out, ce ne sera pas avant les années 1980. Mais Oscar Wilde fréquentait les plus grands de ce monde, ses répliques étaient sans égales, on le recevait et le fêtait dans les salons les plus prisés de Londres, et il se croyait tout puissant. Pendant cette période il faisait beaucoup de courts séjours à Paris qui lui permettait de fréquenter beaucoup de jeunes hommes: soit des rencontres de hasard, soit des rencontres tarifées.

  

Oscar Wilde
Oscar, Cyril et Constance Wilde

Oscar Wilde

Oscar, Cyril et Constance Wilde

Oscar Wilde

29 des Capucines

Cette adresse, en plein cœur de Paris, près de l’Opéra Garnier et du Café de la Paix, est devenue à partir de 1891 celle d’Oscar Wilde lorsqu’il séjournait à Paris. Il avait su se faire connaître du milieu littéraire parisien. Oscar était un beau parleur, on dit qu’il parlait mieux qu’il n’écrivait. Aussi, c’est lors d’un dîner, en compagnie d’écrivains, qu’il se mit à décrire sa prochaine pièce alors qu’il n’en avait pas encore écrit un seul mot. Ce soir là, en rentrant dans son bureau du 29 boulevard des Capucines, il trouva un cahier, qu’il avait fait acheter dans la journée. Aussitôt, il se mit au travail en commença à écrire sa pièce « Salomé ». Ce qu’il ignorait, en revanche, c’est que lorsque l’on jouerait enfin cette pièce sur scène, lui, Oscar, serait déchu de tout prestige.

Oscar Wilde fascinait comme il énervait le tout Paris. Tout le monde désirait le connaître, mais beaucoup le critiquaient. C’est le cas du critique littéraire Marcel Schwob. Après sa 1ere rencontre avec Oscar, celui-ci le décrira avec des mots durs dans son journal : Grand, glabre, gros de face, sanguin de joues, l’œil ironique, des dents mauvaises et avancées, une bouche vicieuse d’enfant aux lèvres molles de lait, prête à sucer encore. L’arc des sourcils et de la lèvre est menteur ; la négligence affectée. Il a une longue redingote brune, un gilet singulier et un haut jonc à pomme d’or. En mangeant, et c’est très peu, il ne cesse de fumer à demi des cigarettes d’Égypte trempées d’opium. Terrible buveur d’absinthe, qui lui donne des visions de ses désirs…

Edmond de Goncourt n’y alla pas non plus de main morte en écrivant dans son journal, lorsqu’il eut la certitude que Wilde était homosexuel : Je dis que chez un homme aussi plagiaire que lui littérairement, la pédérastie doit être un plagiat de Verlaine… Peu importe, Oscar Wilde, s’écoutant parler plus qu’écoutant les autres, continuait sa vie de débauche et d’artiste. Il fréquentait les bars et les restaurants les plus à la mode de la capitale. 

  

Oscar Wilde

La Closerie des Lilas

171, boulevard du Montparnasse

Dans les années 1840, il y avait dans le quartier, près du jardin du Luxembourg, un bal très réputé qui s’appelait la Closerie des Lilas, mais il était surtout connu sous le nom de son propriétaire, le « bal Bullier ». On dit que pour décorer son bal, Monsieur Bullier avait fait planter 1000 pieds de lilas avec des tonnelles, cela donnait un air bucolique. Le bal se trouvait au 39, avenue de l’Observatoire. Les bourgeois aimaient s’encanailler avec les marlous et les grisettes. Ils venaient ici pour y danser la scottish, la polka ou la mazurka. Ce fut en 1847, que, non loin du bal Bullier, l’on transforma un vieux relais en café-restaurant, et à qui l’on donna en hommage du bal Bullier le nom de « Closerie des Lilas ». La légende dit que la Closerie des Lilas se trouve sur les ruines du château du Roi le Pieux qui avait été construit dans un vallon nommé Vauvert, connu aujourd’hui sous le nom de Jardin du Luxembourg. À la mort du Roi, le château fût laissé à l’abandon. L’endroit devint lugubre, une véritable cour des miracles. La nuit, on pouvait entendre des hurlements… On dit même que le diable habitait dans les ruines du château, d’où l’expression « aller au diable Vauvert ». L’endroit était donc propice aux artistes, car si Dieu est le plus grand artiste over-ground, Satan est le maître de l’underground. Une fois la Closerie ouverte, l’endroit attira très vite des écrivains, poètes, peintres… Charles Baudelaire et son ami Théophile Gautier, Paul Verlaine, Émile Zola, les frères Goncourt, Osacr Wilde, étaient des habitués de la Closerie. Depuis cette époque, la Closerie des Lilas vit défilé du beau monde. Chez les peintres avec Paul Cezanne, Picasso qui déménagea avec sa bande, de Montmartre pour Montparnasse, Modigliani… Chez les écrivains de la Lost Generation : Francis Scott Fitzgerald, Gertrude Stein ou Ernest Hemingway qui venait ici pour écrire. C’est d’ailleurs sur ces tables qu’il aurait écrit « Le soleil se lève aussi ». Aujourd’hui, il a une plaque de cuivre à son nom, au bar de la Closerie. Mais aussi Henry Miller, Paul Eluard, Blaise Cendras, Aragon, André Gide, André Breton, le photographe Man Ray…

Plus proche dans le temps, Renaud y passait toutes ses journées et ses nuits en compagnie d’une bouteille de pastis. Pendant cette période, qui était celle de sa descente en enfer, Renaud et son frère Thierry Séchan vivaient dans un appartement au-dessus de la Closerie. C’est aussi ici que le « chanteur énervant » a fait la connaissance de sa seconde femme Romane Serda, dont il est maintenant divorcé.

Aujourd’hui, la Closerie est plus Bobo que bohème, plus m’as-tu-vu qu’intello. On ne rencontre plus beaucoup d’écrivains ni de peintres. Mais qu’importe, ses murs sont chargés d’histoires.

Passage de « Paris est une fête » d’Ernest Hemingway, qui décrit la Closerie des Lilas de son époque :

Il n’était pas de bon café plus proche de chez nous que la Closerie des Lilas / Les habitués du Dômes ou de la Rotonde ne venaient jamais à la Closerie. Ils n’y trouvaient aucun visage de connaissance et nul n’aurait levé les yeux sur eux s’ils étaient venus. En ce temps-là, beaucoup de gens fréquentaient les cafés du carrefour Montparnasse-Raspail pour y être vus et, dans un certain sens, ces endroits jouaient le rôle dévolu aujourd’hui aux « commères » des journaux chargées de distribuer des succédanés quotidiens de l’immortalité. La Closerie des Lilas était, jadis, un café où se réunissaient plus ou moins régulièrement des poètes, dont le dernier, parmi les plus importants, avait été Paul Fort, que je n’avais pas lu. Mais le seul poète que j’y rencontrai jamais fut Blaise Cendrars, avec son visage écrasé de boxeur et sa manche vide retenue par une épingle, roulant une cigarette avec la main qui lui restait…

  

Emile Zola

Emile Zola

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire

Café de la Paix

12 Boulevard des Capucines – Paris IXe.

Ce café se tient au rez-de-chaussée de l’hôtel intercontinental Paris Le Grand, ouvert en 1862 et inauguré par Eugénie, épouse de Napoléon III. De style du Second Empire, après les remaniements de Paris par le préfet Haussmann, ce café-restaurant devint vite un lieu de rendez-vous incontournable de la bourgeoisie naissante. Il fut fréquenté par les plus grands artistes de l’époque, tels que Guy de Maupassant, Émile Zola, Victor Hugo, Marcel Proust, Piotr Tchaïkovsky, Oscar Wilde… puis par ceux du XXe, comme Joséphine Baker, Roman Polanski, Maria Callas, Jean Reno, Patrick Dupont, Marilyn Manson … Il accueillit également en 1896 des projections cinématographiques d’Eugène Pirou. Le cinéma était à ses balbutiements. On projetait des films dans le sous-sol du café pour 1franc la séance.

Prenez le temps d’un café en terrasse. Et peut-être, comme Oscar Wilde pendant l’été 1898, persuadé de voir un ange doré flotté dans l’air, vous pourrez, par temps de brume, apercevoir un des personnages dorés à l’or fin situé en haut de l’opéra Garnier se refléter au milieu de la place de l’Opéra.

  

Oscar Wilde

  

Oscar Wilde

Oscar Wilde

avec

Alfred Douglas, dit Bosie

Oscar Wilde aimait vraiment la France. Pour lui, Paris était la capitale des arts. À plusieurs reprises il exprima le désir de vivre définitivement en France. Il parlait lui-même français et parfois, comme pour sa pièce Salomé, il écrivait en français. À cette époque, grâce à ses pièces à succès comme « L’éventail de Lady Windermere », « Une femme sans importance », « L’importance d’être constant », et bien sûr son roman « Le Portrait de Dorian Gray », sa vie était oisive. Il fréquentait les meilleures tables de Paris en compagnie des artistes les plus respectés. Sa conversation était des plus passionnantes. Lui-même disait à André Gide : « J’ai mis tout mon génie dans ma vie ; je n’ai mis que mon talent dans mon œuvre ». L’homosexualité d’Oscar Wilde n’était plus un secret pour personne. Il ne cachait pas vraiment sa relation en Angleterre avec le jeune Alfred Douglas dit Bosie. En plus de Bosie, il y avait aussi tous les jeunes hommes qu’il cherchait et rencontrait à Paris, mais aussi durant ses voyages comme en Algérie ou en Italie, délaissant Constance, avec qui il restait néanmoins marié. Pour cela il était capable de se rendre dans des endroits sordides et dangereux pour un homme riche. 

Puis, ce fût la chute. Un jour, à Londres, alors que commence à se jouer « L’importance d’être constant » au Théâtre St James, on remet à Oscar Wilde une carte de visite du marquis de Quennsberry, le père d’Alfred Douglas, l’amant d’Oscar. Il y avait écrit dessus : For Oscar Wilde posing as Somdomite – Pour Oscar Wilde s’affichant comme Sodomite. On ne sait pas pourquoi il a écrit « somdomite » au lieu de « sodomite », probablement une faute d’orthographe). De cette manière, peu élégante certes, le Marquis espérait un rendez-vous avec Wilde pour lui demander de s’éloigner de son fils Alfred Douglas. Mais Oscar était au sommet de sa réputation, si bien qu’il se croyait intouchable et ne cachait même plus au monde ses penchants et sa relation avec Bosie. De Paris à Londres, on jazzait sur son compte, mais il n’en avait que faire. Prenant de haut l’invitation de Quennsberry, Oscar décida la pire des choses qu’il pouvait faire : porter plainte pour diffamation. Pendant le procès, Wilde prend le tribunal pour un théâtre et s’amuse de réparties dont il a le don. Mais l’une d’entre elle va le condamner. Alors qu’on lui demande, à propos d’un jeune domestique d’Alfred Douglas, s’il ne l’a jamais embrassé, Wilde, pour amuser l’assemblé, rétorque : Oh non, jamais ! C’était un garçon singulièrement quelconque, malheureusement très laid, je l’ai plaint pour cela. En disant cela, il avoua son homosexualité, qui était punie à l’époque en Angleterre par deux ans de travaux forcés. Oscar aurait pu fuir en France, comme certains de ses amis lui conseillèrent de faire. Mais il n’en fit rien, et attendit son destin à l’hôtel Cadogan à Londres.     

À sa sortie de prison, Oscar Wilde quitta définitivement l’Angleterre pour la France, il ne revit jamais ni sa femme ni ses deux enfants. Cependant, il ne voulait pas regagner Paris, probablement par honte de n’être plus l’artiste qu’il avait été dans cette ville. Il disait alors qu’il ne retournerait à Paris qu’une fois qu’il aurait écrit une nouvelle pièce. Il s’installa dans la petite station balnéaire de Berneval, prés de Dieppe, sous le pseudonyme Sebastian Melmoth. Au début, il s’y plut, mais au bout de trois mois, le climat, qui lui rappelait trop celui de l’Angleterre, et les Anglais qu’il croisait régulièrement lui devinrent insupportables. Bien sûr, tout ceci n’était que des excuses qu’il donnait à ses amis, car ce qu’il voulait avant tout, c’était partir en Italie pour retrouver Alfred Douglas (Bosie), son amant. J’aime Douglas, et je l’ai toujours aimé. Il a ruiné ma vie, et pour cette raison même je semble forcé de l’aimer encore plus : et je pense que maintenant je vais faire de l’excellent travail. Le voyage ne dura que le temps qu’il fallait à Douglas pour plumer Oscar Wilde : Sa seule idée était que je trouve de l’argent pour nous deux. Ce que j’ai fait, soit une somme de 120 livres. Bosie a vécu, fort heureux, sur cette somme. Quand est venu le moment de rembourser sa part, il est devenu terrible, méchant, blessant, avare, sauf lorsqu’il s’agissait de ses plaisirs personnels, et lorsque mon argent a été dépensé, il est parti.

Après ce triste périple amoureux, Oscar se décida de retourner à Paris, sans avoir écrit un seul mot de sa nouvelle pièce.  

  

Lord Alfred Douglas

Lord Alfred Douglas

Oscar Wilde

Oscar Wilde

et

Alfred Douglas

Hôtel d’Alsace – aujourd’hui « l’Hôtel ».

Dans la rue des Beaux-Arts de l’époque, il y avait plusieurs petits hôtels pour étudiants.

C’est en février 1898 qu’Oscar Wilde, sous le nom de Sebastian Melmoth, s’installe à l’hôtel de Nice au 4, rue des Beaux-Arts (aujourd’hui, cet hôtel n’existe plus). À la même époque, il publie son long poème écrit en prison, « La Ballade de la Geôle de Reading ». Malgré un loyer correct, Oscar déménagea en mars dans un hôtel situé 50 mètres plus loin mais moitié moins cher, l’hôtel d’Alsace. L’hôtel, à ce prix là, n’avait rien à voir avec celui d’aujourd’hui, et Oscar le décrit comme un lieu insalubre. Cependant, le patron de l’établissement, Jean Dupoirier, appréciait d’avoir comme client Oscar Wilde et lui resta fidèle jusqu’au dernier jour. C’est d’ailleurs dans cet hôtel qu’il termina sa vie.

Pour en savoir plus sur cet hôtel : Hôtel

Hôtel d'Alsace. Aujourd'hui 'Hôtel'
Oscar Wilde

Oscar Wilde

Place St Pierre

« La Ballade de la Geôle de Reading », bien qu’ayant reçu de bonnes critiques, ne lui rapportait pas assez d’argent pour vivre, et pour le reste, il était sous tutelle de son ami Robert Ross. Oscar Wilde passa le reste de sa vie à écrire à ses amis pour qu’ils lui viennent en aide financièrement. Il ne travaillait pas, et malgré le manque d’argent, il essayait tant bien que mal de continuer une vie oisive. Il continua aussi de voyager, notamment à Rome où il arriva à se faire bénir par le Pape. À la fin de sa vie, il voulait se convertir au catholicisme, ce qui ne l’empêcha pas de continuer ses rencontres avec des jeunes hommes.

  

Oscar Wilde

Hôtel le Louvre Marsollier***

13, rue Marsollier

En 1899, Oscar Wilde résida dans ce charmant hôtel prés de l’Opéra. Mais les poches d’Oscar étaient vides, et il ne pouvait donc pas s’offrir ce genre d’hôtel. Le patron, sentant venir l’arnaque, profita de l’absence d’Oscar pour lui confisquer ses vêtements. À son retour il lui proposa de les lui rendre contre le paiement de sa note. Désemparé, et sans les moyens de reprendre ses vêtements, Oscar retourna à son petit hôtel d’Alsace du Quartier Latin. Il raconta sa mésaventure au patron, et celui-ci, ayant de la sympathie pour Oscar, alla payer la note de l’hôtel le Marsollier et rapporta à Oscar ses vêtements. Aujourd’hui, l’hôtel le Louvre Marsollier propose une suite Oscar Wilde. 

  

Oscar Wilde

Rome

On n’a jamais vraiment su de quoi était mort Oscar Wilde. Certains prétendent que c’est de syphilis (avec la vie qu’il avait menée il n’y aurait rien eu d’étonnant). Mais le plus vraisemblable, d’après les médecins d’aujourd’hui, serait une tumeur à une oreille. Oscar Wilde a passé 2 ans en prison. Celle de Reading était la dernière, mais la pire qu’il a connue est celle de Wandsworth. Un jour, alors qu’il était malade, un garde l’a forcé à sortir pour se joindre aux autres prisonniers pour chanter des cantiques : Je pouvais à peine me tenir debout ; tout disparaissait et revenait vaguement ; et soudain j’ai dû tomber. Je me suis réveillé avec une douleur dans cette oreille. Depuis Oscar était devenu presque sourd de cette oreille. Les médecins d’aujourd’hui pensent que, de cette chute, une tumeur se serait développée et serait donc la cause de la mort d’Oscar Wilde.

Tombe d'Oscar Wilde

Tombe d'Oscar Wilde

le Père Lachaise

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