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Café-Théâtre

Paris est un véritable océan. Jetez-y une sonde, vous n'en connaîtrez jamais la profondeur. Parcourez-le, décrivez-le: quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire; quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s'y rencontrera toujours un lieu vierge, un antre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d'inouï, oublié par les plongeurs littéraires.

                                                                                 Honoré de Balzac 'Le père Goriot"  

  

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Le Café de la Gare

1er version : Passage d’Odessa – Montparnasse –

2e version : 41, rue du Temple – le Marais –

En 1968, à Paris, une bande de potes, des acteurs-constructeurs, se mirent à retaper une vieille fabrique de ventilateurs en un Café Théâtre. Parmi ses jeunes artistes, il y avait, Coluche, Miou Miou, Patrick Dewaere, Romain Bouteille, Henri Guybet, Martin Lamotte et Catherine Sigaux (dit Sotha). Le mode de relation de la troupe, d’après Coluche, était le copinage en concubinage. Un doux vent de liberté et de folie soufflait sur la France. Pour aménager le Café de la Gare, il fallait de l’argent. Des mécènes, mirent la main aux portes-monnaies pour que le projet puisse voir le jour, parmi les plus célèbres on trouve : Jacques Brel, Pierre Perret, Raymond Devos, Georges Moustaki, Jean Yanne, Hara-Kiri.

Après les travaux de restauration, le Café de la Gare ouvrit ses portes en 1969. Les acteurs s’occupaient de tout eux-mêmes, la billetterie, placer les spectateurs, leur servir des boissons, leur envoyer dans la gueule un coussin pour qu’ils n’aient pas mal aux fesses et bien sûr faire leur métier, jouer sur scène.

Renaud ne fait pas alors partie de la troupe, mais en voisin et en « séparatiste du 14e arrondissement » il rôde dans le coin. Il aime cette ambiance et les bons mots de Coluche. C’est un soir, vers 22 h00, alors que Renaud est chez papa et maman en pyjama, prêt à se coucher, que le téléphone réveilla l’appartement des Séchan. Au bout du fil, Southa, explique qu’il faut de toute urgence que Renaud rapplique au Café de la Gare, pour remplacer Gégé dans le rôle des « Robin des quoi? ». Au diable le pyjama, Renaud saute dans son jean, puis sur son cyclo direction le Café de la Gare. Quand il arrive, il retrouve l’ambiance du Café. Derrière la caisse, les acteurs tirent au sort à l’aide d’une roue, style roue de la Fortune, le prix du billet. Cela va de 1 franc à 20 francs. Renaud remplacera Gégé sur scène pendant 3 mois, jusqu’au jour où un autre Gégé se verra confier le rôle, celui-là c’est Gérard Depardieu et c’est du lourd. Renaud retournera dans la rue faire la manche, mais il fréquentera toujours la troupe. Petit à petit, celle-ci va s’agrandir : Gérard Lanvin, Thierry Lhermitte, Coline Serreau, Josiane Balasco, Gérard Jugnot, Anémone… feront des passages au Café de la Gare.

En 1972, ils déménagèrent dans le quartier du Marais. Ils transformeront ce coup-ci, un ancien relais de poste du XVIIe siècle (l’auberge de l’Aigle d’or) en Café-Théâtre, le plus grand de Paris, ils conserveront le nom de Café de la Gare.

Renaud, toujours pote avec ces acteurs constructeurs, va les suivre avec sa guitare et son pote accordéoniste Michel Pons. Tous les soirs, ils feront la manche le long de la file d’attente devant le Café-théâtre, ils chanteront de vieux tubes de Paris avec ses javas et ses histoires de marlous. C’est d’ailleurs là qu’il verra pour la 1re fois celle qui deviendra quelque temps plus tard sa gonzesse, Dominique.

Le Café de la Gare est aujourd’hui l’un des plus prestigieux cafés-théâtres de Paris. Benoît Poelvoorde, Éric et Ramzi, Élie et Dieudonné ont fait des passages remarqués dans cette salle. 

  

La troupe du Café de la Gare
Renaud et son ami Michel Pons, en train de faire la manche
La troupe du Café de la Gare
Renaud
Bernard Lavillier 1977
Jacques Higelin

Théâtre des Blancs Manteaux

La Pizza du Marais dit la La Zapi du Marais

15, rue des Blancs Manteaux – le Marais – 

Avant d’être dans le Marais, la Zappi était à Pigalle, sous le nom très recherché de « Pizza de Pigalle ». Le maître des lieux, Lucien Gibara (dit Lulu), n’aimait pas que la pizza, il aimait aussi la chanson. Très vite, il mettra sur la scène de sa pizzeria des travestis, histoire de se fondre au quartier, et des chanteurs comme Maxime Le Forestier, Marie Paul belle… Aussi vite, on lui fit fermer sa pizza pour on ne sait quelle raison officielle. Officieusement, la clientèle de macs, de putes, de travelos et de touristes en manque d'exotisme, OK, mais des étudiants et des chanteurs soixante-huitard, ça, non !

Lulu, comme ses amis l’appelaient (il a été assassiné dans les années 1990. Sa voiture a explosé avec lui à l'intérieur, devant sa maison), n’avait pas dit son dernier mot. Il prit ses cliques et ses claques et partit s’installer au 15, rue des Blancs Manteaux dans le Marais. Là, il créa, le 15 novembre 1973, la Pizza du Marais, que Renaud rebaptisera la Zapi.

Renaud, justement, traine tous les soirs dans le quartier, entre le Café de la Gare où il fait la manche à l’entrée, et aux Rendez-vous des amis où il descend quelques bières avant de retourner se coucher à Montparnasse. Un beau jour, il auditionne devant Lulu pour pouvoir passer à la Zapi. Il va lui chanter son Hexagone. Après l'avoir écouté, Gibara, qui était un grand sniffeur de talent, propose à Renaud de devenir la star de la Zipa. Mais il lui conseille de laisser tomber son accoutrement poulbot parisien, d'accrocher au vestiaire sa casquette et ses pantalons à carreaux. C’est à partir de là, que Renaud adoptera un look loubard avec son perfecto, ses jeans, ses santiags et son bandana rouge. Il abandonne aussi, pour un temps, les vieilles javas que sa mère aimait tant et qui berça sa jeunesse. Il va commencer à planter son propre décor avec La chanson du Loubard (qui d'ailleurs n'est pas de lui). Tous les soirs, il se produira, avec la peur au ventre devant seulement 15 voir 50 spectateurs. Maxime le Forestier, qui était la star de la Zipa de Pigalle, monte au créneau auprès de Gibara, lui demandant pourquoi met-il ce type qui chante faux et qui joue mal de la guitare sur scène ? Mais, Gibara, se fou de l’avis de Maxime Le Fox-terrier, pour lui, la future star sera Renaud.

La force de la Zipa, n’était pas alors la quantité de spectateurs, mais la qualité de ces derniers. Gibara était connue dans le showbiz pour avoir du flair, et dénicher de vrais talents. 

Pendant un temps Renaud sera donc chanteur, mais aussi barman à la Zapi. C’est aussi ici qu’il rencontrera Bernard Lavilliers : Lavilliers et moi on passait ensemble à la Pizza du Marais. Moi à vingt heures, lui à vingt-deux. Il avait autant de monde que moi, c’est-à-dire cinquante personnes le samedi soir. On buvait des coups ensemble après.

C’est à partir de là que Renaud va connaître le succès, il se fera remarquer grâce à sa chanson Laisse béton.

La Zapi, a donné la chance à beaucoup d’artistes dans la chanson et dans l’humour comme, Bernard Lavilliers, Jacques Higelin, Jacques Villeret, Marc Jolivet, Alex Métayer…  aujourd’hui encore, elle continue son chemin, même si son nom, Théâtre des Blancs Manteaux, sonne moins Parigot.

Le Lapin à Gill
Lapin Agile
Coucher de soleil sur l'Adriatique
Au lapin agile

Le Lapin Agile

22, rue des Saules. Montmartre – paris –

Le bâtiment date de 1795. En 1860 on le transforma en auberge de roulier « au rendez-vous des voleurs », puis, en 1869, en cabaret « le cabaret des assassins ». C’est en 1880 que le caricaturiste André Gill, habitué des lieux, propose comme enseigne, un lapin, vêtu d’une casquette et d’un foulard rouge, sortant d’une casserole avec une bouteille de vin à la main. Aussitôt, le dessin fut adopté et le cabaret des voleurs devint le « Lapin à Gill » aux files du temps il est devenu « Le Lapin Agile ». On dit que le lapin, représente André Gill, qui, quelque temps plus tôt, ayant participé à la commune a su s’en tirer sans trop de dégât.

Les propriétaires vont se succéder : la mère Adèle, une ancienne danseuse de cancan, qui aura comme clients célèbres Toulouse Lautrec et Aristide Bruant. Puis, ce sera au tour de Berthe Sébouce et de sa fille Margot qui épousera l’écrivain du « Quai des brumes » Pierre Mac Orlan. 

Mais, celui qui contribuera le plus à la réputation du cabaret fut Frédérique Gérard (pas le Frédérique qui chantait « donne-moi du pétrole"), mais plutôt celui que l’on nommé le père Frédé. C’est en 1903, alors que le Lapin Agile bat de l’aile, qu’Aristide Bruant, qui était devenu le propriétaire du cabaret pour qu’il échappe à la démolition, propose au père Frédé de s’en occuper. Ce dernier, qui était alors une figure incontournable de Montmartre, avec sa grande barbe, son âne Lolo, son singe et ses souris blanches, arpentait la butte en vendant du poisson, et venait de fermer son cabaret, qui était un repère d’anarchistes, le « Zut », suite à une bagarre qui, dit-on, avait duré toute une nuit. Une fois aux commandes, le père Frédé attira au Lapin Agile toute la bohème artistique de ce début du siècle à Montmartre : la bande à Picasso, l’écrivain Roland Dorgelès, le poète Apollinaire, Max Jacob, Modigliani…

Hélas, pour le père Frédé, son cabaret attira aussi le bas de Montmartre avec sa faune de voyous, de putes et d’anarchistes. Les embrouilles allaient bon train dans le cabaret, et le père Frédé supportait de moins en moins la violence de cette foule interlope. Pierre Mac Orlan s’inspira de l’une de ces soirées pour « Quai des Brumes ». Les marlous, les grisettes, les lorettes, les poules de luxe et les anars… le père Frédé n'en voulait plus, il désirait garder et protéger sa clientèle artistique. Il commença alors à filtrer l’entrée du cabaret. Tout dégénéra un soir de 1910 lorsque Totor, l’un des fils du père Frédé, fut abattu derrière le comptoir d’une balle dans la tête. Après cette triste soirée, les choses se calmèrent peu à peu.

Mais revenons à ceux qui nous intéressent. Le lapin Agile était une véritable ruche pour des artistes alors méconnus, mais qui allaient transformer l’art pour les siècles avenirs. Cette bohème se retrouvait le soir devant une cerise à l’eau-de-vie, pour chanter, lire des poèmes, montrer leurs œuvres et discuter, parfois violemment, de l’art et de son évolution. Ceux qu'on appelait, la bande à Picasso, allaient en faire les frais. À cette époque, deux écoles s’affrontaient dans le monde de l’art : la bande à Picasso et leur peinture abstraite, et ceux qui pensaient qu’une œuvre devait ressembler à son modèle pour être appréciée. Afin de ridiculiser les nouveaux peintres et leur vision avant-gardiste, l’écrivain Roland Dorgelès, aidé du père Frédé (qui ne devait pas comprendre plus que ça la peinture de ces clients) et son âne Lolo, organisèrent une blague pour les railler. Devant huissier, ils accrochèrent à la queue du pauvre âne un pinceau et mirent une toile devant sa queue. La pauvre bête, sans le savoir allait peindre un tableau que l’on intitula très pompeusement « coucher de soleil sur l’Adriatique ». Roland Dorgelès signa l’œuvre d’un sois disant artiste Italien, Joachim-Raphaël Boronali, dont on prétendait qu’il avait inventé un nouveau mouvement artistique en Italie : l’excessivisme. L’œuvre fut exposée au salon des indépendants, et rencontra un vif succès. Par la suite, Roland Dorgelès dévoila la supercherie dans le magasine Fantasio en ces termes : « Nous avons voulu montrer aux niais, aux incapables et aux vaniteux qui encombrent une trop grande partie de cette exposition, que l'œuvre d'un âne, brossée à grands coups de queue, n'est pas déplacée parmi leurs œuvres ».

En 1905, Pablo Picasso offrit au père Frédé un tableau intitulé « Au lapin Agile » connu aussi sous le nom de « L’arlequin au verre ». Sur cette toile, on y voit trois personnages : Au fond, jouant de la guitare, avec son chapeau de trappeur et ses gros sabots c’est le père Frédé, la femme au comptoir c’est Germaine, une danseuse du moulin rouge, qui quelques années auparavant avait eu une liaison amoureuse avec l’ami de Picasso, le peintre espagnol Casagemas. Ce dernier, ne supportant pas cette rupture, se tirera une balle dans la tête au café de l’Hippodrome du boulevard Clichy en 1901, juste après avoir tenté d’assassiner Germaine. Par la suite, Picasso eut une liaison avec elle. L’arlequin est sous les traits de Picasso. Dans la symbolique, l’arlequin représente la ruse, le cynisme et l’instabilité. Sur le tableau, l’arlequin à un regard songeur, il se détourne des autres en regardant vers la gauche, comme s'il était perdu dans ses souvenirs. Picasso allait bientôt quitter sa période bleue pour entrer dans la rose, « Trouverais-je dans l’alcool une échappatoire à ces arlequinades ». Quelques années plus tard, le père Frédé vendit le tableau pour 1000 francs. Il fut vendu de nouveau, mais en 1989, aux enchères, à un américain pour 40,7 millions de dollars. On peut l’admirer aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art de New York. Roland Dorgelès doit se retourner dans sa tombe.

Depuis toujours, le Lapin Agile a fait la promotion de la chanson française. Lorsque l’Olympia n’était qu’un rêve pour eux, Georges Brassens ou Claude Nougaro se produisaient là. Des actrices et acteurs comme Pierre Brasseur, Annie Girardot on fait aussi leurs débuts dans ce cabaret. Aujourd’hui encore le cabaret offre sa scène à de nouveaux artistes.

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