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Les Lieux Mythiques de Paris

Le Tabou

33 rue Dauphine - Paris

Au départ, c’était un petit bar ouvert toute la nuit. Après la dernière guerre mondiale, le jazz fait une entrée fracassante dans la capitale. Les propriétaires du Tabou décident, alors, d’investir la grande cave qui se trouve au-dessous du bar, d’y installer un Pick-up et de rester ouvert après minuit. Très vite le pick-up sera remplacé par des groupes de jazz, dont les plus emblématiques du lieu furent Boris Vian et ses frères « les Grrr » et aussi Juliette Greco et Cazalis. Les artistes d’après guerre commencèrent à affluer, Yves Montant et Simone Signoret ainsi que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, serge Gainsbourg... Le Tabou devient l’endroit à la mode, où la jeunesse existentialiste Parisienne (au grand désespoir de Jean-Paul Sartre qui trouvait sa philosophie détournée) vient boire et danser sous les voûtes sans âges. Tohu-bohu dans le voisinage de la rue Dauphine, voyant tous les soirs une jeunesse bruyante venir gâcher leurs douces nuits, les voisins râlent et font des pétitions contre le Tabou. Ils finirent par obtenir la fermeture à minuit. Mais la folie du Tabou continua, mais elle n’était qu’un feu de paille. Les habitués finirent par se lasser de ces soirées. Et ils déménagèrent au « Club Saint Germain. 

Parole de Boris : Très vite, le Tabou est devenu un centre de folie organisée. Disons-le tout de suite, aucun des clubs qui suivirent n’a pu recréer cette atmosphère incroyable ! Et le tabou lui-même, hélas, ne la conserva pas très longtemps, c’était d’ailleurs impossible. Aujourd’hui à la place du bar sur lequel se trouvait le Tabou vous trouverez le « café Laurent ». 


  

Boris Vian

Le Tabou

Photo de Robert Doisneau

Dieu a inventé le parisien pour que les étrangers ne puissent rien comprendre aux français.


                                                                                                               Alexandre Dumas, fils.

5 bis, rue Verneuil

Métro : ligne 4, st Germain / Ligne 12, rue du Bac.


1969. Grande année pour Serge Gainsbourg. Il chante « 69, année érotique » et s’installe dans cette maison, que son père lui a trouvée. Il gardera cet hôtel particulier comme il aimait l’appeler,  jusqu’à la fin de sa vie. C’est ici qu’il va vivre avec Jane Birkin, Charlotte, Kate et ses fans, ses plus belles années. De son vivant déjà, la façade du 5 bis, était une toile pour le Street Art. À l’époque, Serge Gainsbourg la refaisait peindre pour faire plaisir aux voisins, furieux de voir leur rue se transformer en graffitis.

Les témoignages de ceux qui sont entrés dans l’antre du chanteur disent que l’intérieur était rempli d’objets, que les murs étaient peints en noir et que flottait une odeur de cigarette. Chez lui, les volets fermés, comme il aimait les garder, il composa, à son piano, ses albums concepts : « Histoire de Melody Nelson » en 1971 ; « Vu de l’extérieur » en 1973 ; « Rock around the Bunker » en 1975 et « L’homme à la tête de choux » en 1976.

C’est ici qu’est mort le poète le 2 mars 1991. Il avait passé sa dernière soirée dans son restaurant habituel et voisin « Le Bistrot de Paris ». 

Aujourd’hui, la maison appartient à sa fille Charlotte Gainsbourg. Pendant un moment, elle voulait en faire un musée. Pour cela, il aurait fallu ne rien toucher, que tous les meubles restent intacts. L’appartement étant plein comme un œuf d’objets et de meubles, il était impossible de faire un sens de circulation pour les visiteurs sans prendre le risque qu'il y ait de la casse. Elle a donc abandonné l’idée, et laissé la maison de son père tel qu’elle était avant qu’il s’en aille.


  

5, bis rueVerneuil

Serge Gainsbourg

5, bis rue Verneuil

Le Baiser de l’Hôtel de Ville – Robert Doisneau –

Place de l’Hôtel de Ville, rue Rivoli.

Cette image, nous donne l’impression de retourner en 1950, après la libération de Paris. Nous sommes assis en terrasse, en touillant notre café, devant la place de l’Hôtel de Ville. Les gens passent devant nous et notre regard se fixe un instant sur ce jeune couple qui s’embrasse. L’espace d’un moment on les envie.

Ce cliché, est peut-être la photo la plus connue au monde. Elle a contribué à la réputation et au surnom de « Paris la ville des amoureux ». Mais revenons sur son histoire peu ordinaire.

En 1950, Robert Doisneau est chargé par le magasine américain « Life » d’un reportage sur les amoureux à Paris. Comme tous les artistes de l’époque, Robert Doisneau recherche l’inspiration dans les rues et les bistrots de la capitale. Quelques jours plus tard, assis dans un bar prés des Invalides, il aperçoit un jeune couple qui s’embrasse dans la rue. En bon photographe, il part à leur rencontre et leur propose de poser pour lui pour 500fr. Le jeune couple, Françoise Bornet et Jacques Carteaud, qui étudiaient la comédie aux cours Simon, acceptent. Le rendez-vous est pris dans un bar (qui n’existe plus) de la place de l’hôtel de ville rue de Rivoli. La photo du baiser de l’hôtel de ville à ce pouvoir de nous faire croire que c’est un instantané, une photo volée. En fait c’est bien une photo posée. Robert Doisneau en grand photographe, à même pris le parti de choisir une vitesse lente (on dit qu’il avait réglé son appareil à 5 secondes) pour donner l’impression de mouvement autour des amoureux (qui étaient vraiment des amoureux, en tous les cas pour quelques mois encore). Avant de se séparer, Doisneau donne à chacun des amoureux une épreuve en 18x24,6cm signée par le maître. Le couple se sépare quelques mois plus tard, Jacques Carteaud néglige le cadeau de Doisneau alors que Françoise Bornet la garde comme un beau souvenir.  

La photo est envoyée au magasine Life parmi d’autres clichés. Mais ce n’est qu’en 1986, qu’elle fera vraiment parler d’elle. Une agence décide de la commercialiser en format poster. L’agence croit tellement en la photo qu’ils en tirent 410 000 exemplaires, un record mondial. Le baiser fait le tour de la planète et donne à Paris une image glamour. Tout le monde croit à la version de la photo pris sur le vif. Si bien que beaucoup d’amoureux, qui sont passé à Paris dans les années 1950, pensent se reconnaitre sur la photo. En 1992 un couple, Jean et Denise Lavergne, persuadés, en tous les cas persuadés de persuader tout le monde, d’être les protagonistes du « baiser de l’hôtel de ville », réclament des dommages et intérêts en vertu du droit à l’image. Robert Doisneau explique alors, que la photo n’a rien d’un instant volé, que les deux amants étaient là pour poser en s’embrassant. Il s’insurge ainsi : C'est une histoire invraisemblable. Je n'aurais jamais osé photographier comme ça des amoureux qui se bécotent dans la rue, ce sont rarement des couples légitimes...

C’est quand l’affaire éclate dans la presse, et que Doisneau dévoile que la photo n’est pas un instantané que François Bornet (celle qui est vraiment sur la photo) revient sur le devant de la scène. Robert Doisneau la reconnaît et elle a en sa possession l’épreuve qu’il lui avait offerte, 42 ans auparavant. Pour l’occasion les deux vieux amants Jacques et Françoise se revoient. A son tour, Françoise Bornet réclame des droits à l’image. Le tribunal ne pourra lui accorder ce droit, car sur la photo son visage est tournée d’une telle façon qu’elle n’est pas reconnaissable. On croit l’affaire classée, mais non. En 2005 le voila de nouveau sous les feux de la rampe, lors d’une vente aux enchères. Françoise Bornet décide de vendre son épreuve. La mise à prix est de 10 000€. Très vite la machine s’emballe et les trois coups sont adjugés à un suisse pour 150 000€.

Robert Doisneau

Le Baiser de l'Hôtel de Ville

Robert Doisneau

Le père Tanguy

14, rue Clauzel – Paris –

Pas besoin d’avoir fait des études pour apprécier l’art. L’histoire de Julien François Tanguy nous le prouve. Dans les années 1870, ce Breton anarchiste, et illettré, après avoir échappé à la déportation suite à ses actions pendant la commune, après avoir été tour à tour plâtrier et charcutier pour enfin devenir broyeur de couleur, ouvre son petit commerce de vente de couleur. Sa minuscule boutique se trouvait au 14, rue Clauzel. Le quartier était alors le rassemblement de la bohème des peintres qui allait inventer l’impressionnisme. Julien François Tanguy que l’on nommait affectueusement le père Tanguy (les peintres l’appelaient aussi « Le Socrate de la rue Clauzel »), faisait partie de ces rares personnes à l’époque, ayant assez de sensibilité et d’ouverture pour apprécier cet art naissant, décrié alors par la critique et la bourgeoisie. Il exposait dans sa petite boutique les peintures des peintres et amis qu’il admirait. N’ayant pas d’argent, il acceptait que les peintres le payent en toile. Parmi eux, Vincent Van Gogh. Celui-ci fera trois tableaux du père Tanguy. Dans l’un d’eux on voit le père Tanguy, assis les mains croisées sur un fond d’estampes Japonaises. Vincent et son frère Théo Van Gogh en faisaient la collection. En 1894, ce tableau fut racheté par Rodin, devenu à son tour collectionneur d’estampes japonaises.

À la mort de Vincent Van Gogh le père Tanguy dit de lui, avec ses mots, à Octave Mirabeau, en lui exposant les tableaux de Vincent : Pauvre Vincent, c’en est-il des chefs d’œuvres oui ou non ? Et il en a, et il en a, et c’est si beau. Voyez-vous, que quand je les regarde, ça me donne un coup dans la poitrine.

Parmi les autres clients du père Tanguy, il y avait aussi : Pissaro, Paul Gauguin, Toulouse Lautrec, Renoir, Monet, Degas, Seurat, Cézanne…

Malgré sa collection de tableaux, qui pourrait faire pâlir d’envie n’importe quel collectionneur de nos jours, sa femme la vendit à la mort du pauvre Tanguy, mais la côte de ces peintres, à l’époque, ne valait pas grand-chose et elle termina sa vie dans la misère.

Un texte de Sacha Guitry dans « Portait et anecdotes » (dont certains spécialistes disent qu’il aurait tout inventé) nous explique un peu mieux la vie de la boutique du père Tanguy. Sacha Guitry recevait parfois à diner, Claude Monet :

  • Monet m’a raconté un jour :

  • Van Gogh a fait un admirable portrait du père Tanguy. Le père Tanguy était marchand de couleurs, rue des Martyrs (Erreur de Sacha c’était rue Clauzel). Sa boutique était tout à fait minuscule et sa vitrine si petite qu’on ne pouvait y montrer qu’un tableau à la fois. C’est là que nous avons commencé, chacun de nous, à exposer nos toiles. Le lundi, Sisley, le mardi, Renoir, le mercredi, Pissaro, moi le jeudi, le vendredi Bazille, et le samedi Jongking. C’est donc ainsi que chacun à son tour nous passions une journée dans la boutique du père Tanguy. Un jeudi, je bavardais avec lui sur le pas de la porte, quand il me désigna du doigt un vieux petit monsieur, portant collier de barbe blanche, important, chapeau haut de forme, qui descendait à petits pas la rue. C’était Daumier - que je n’avais jamais vu. Je l’admirais passionnément et mon cœur battait fort à la pensée qu’il allait peut-être s’arrêter devant ma toile. Prudemment, nous rentrâmes dans la boutique, Tanguy et moi, et, au travers des rideaux de lustrine que j’écartai un peu, je guettai le grand homme. Il s’arrêta, considéra ma toile, fit la moue, haussa l’une de ses épaules et s’en alla.

  • M’ayant raconté cela Claude Monet me regarda fixement et, gravement me confia.

  • Cela a  été le plus grand chagrin de ma vie.   

  

Vincent Van Gogh

Le père Tanguy

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Shakespeare and Compagny

37, rue de la Bûcherie – Rive Gauche –

Le premier Shakespeare and Compagny était tenu par Sylvia Beach et se situé au 12 rue de l’Odéon de 1921 à 1941. Spécialisée dans la littérature anglophone, la librairie est devenue, durant les années folles, celle de la Lost Generation. Ernest Hemingway, dans « Paris est une fête » parle longuement de la gentillesse de Sylvia Beach et du choix des livres qu’elle proposait. La librairie de l’Odéon a été fermée en 1940, pour cause de guerre !

C‘est 11 ans plus tard, que Paris eut de nouveau une librairie anglophone. Son propriétaire, George Whitman, l’installa au 37, rue de la Bûcherie, à la place d’une épicerie arabe, et la nomma « Le Mistral ». En 1962, lorsque Sylvia Beach décéda, George Whitman voulut lui rendre hommage et rebaptisa sa librairie « Shakespeare and Compagny ». Depuis, l’histoire semble s’être répétée. Dans les années 1950, comme leurs ainés de la Lost Genetion, les artistes de la Beat Generation débarquèrent sur la rive gauche. Ils élurent domicile au « Beat Hôtel », 9, rue gît le cœur, qui aujourd’hui est devenu un quatre étoiles du nom de « Hôtel Vieux Paris », mais ça c’est une autre histoire. Ils fréquenteront à leur tour le Shakespeare and Compagny. George Whitman considérait son repère comme « Une utopie se faisant passer pour une librairie ». Pendant toutes ces années, il hébergea des écrivains en herbe de passage à Paris. Allen Ginsberg et William Burrougs furent l’un d’eux. La règle pour être y être logé était, simple et saine. Celui qui voulait dormir au 1er étage de Shakespeare and Compagny devait faire son lit, aider un peu à la boutique, lire un livre par jour et écrire une petite biographie. Certaines personnes ont vécu ainsi pendant plusieurs mois. D’autres, comme, Jim Morrison, Gregory Corso… fréquentaient pendant des journées entières la librairie. Aujourd’hui, Sylvia Whitman, la fille de George, a pris la suite et elle promet de belles années. Comme son père, elle perpétue l’hospitalité aux écrivains de passage qu’elle nomme les tumbleweeds en référence aux herbes séchées en boule que l’on voit rouler dans les westerns. La librairie, quant à elle, n’a rien perdu de son charme d’avant, elle reste un vrai capharnaüm pour mordu de littérature anglophone.    

Au cinéma aussi, Shakespeare and Compagny a fait quelques apparitions, comme dans « Before Sunset » avec Julie Delpy ou dernièrement dans « minuit à Paris » de Woody Allen.

  

Shakespeare and Compagny

Lit offert pour les Tumbleweeds

Shakespeare and Compagny

Appartement Ernest et Hadley Hemingway

74, rue du Cardinal-Lemoine – Quartier Latin – Paris - 

Ernest et Hadley Hemingway aménagèrent en 1922 au troisième étage du 74, rue du Cardinal-Lemoine, Hem n'avait alors que 23 ans. Ils vécurent ici, deux très belles années, malgré le manque d’argent. À cette époque, Hem était encore journaliste pour le Toronto Star, mais il rêvait de devenir un écrivain. C’est ainsi qu’il décrivit leur appartement dans « Paris est une fête » :

Notre foyer, rue du Cardinal-Lemoine, était un appartement de deux pièces, sans eaux chaudes courantes, ni toilettes, sauf un seau hygiénique, mais non pas entièrement dépourvu de confort pour qui était habitué aux cabanes du Michigan. C’était un appartement gai et riant, avec une belle vue, un bon matelas et un confortable sommier posé à même le plancher et des tableaux que nous aimions, accrochés aux murs.

Il lui arrivait parfois de travailler chez lui, mais il préférait aller passer de longues heures dans les bars, à St Michel, ou à la Closerie des Lilas, pour s’adonner à l’écriture. L’ambiance du Paris d’Hemingway n’a plus grand-chose à voir avec celle d’aujourd’hui, mais grâce aux descriptions qu’il nous en fait on peut facilement imaginer la rue du cardinal-Lemoine, la Contrescarpe et la rue Mouffetard :

Comme d’autres matins de printemps, je m’étais mis au travail très tôt, tandis que ma femme dormait encore. Les fenêtres étaient grandes ouvertes et les pavés de la rue séchaient après la pluie. Le soleil séchait les façades humides des maisons en face de ma fenêtre. Les boutiques avaient encore leurs volets. Le troupeau de chèvres remonta la rue au son du pipeau et une voisine, au-dessus de nous, sortit sur le trottoir avec un grand pot. Le chevrier choisit l’une des chèvres laitières noires, aux pis lourds, pour la traire dans le pot, tandis que le chien poussait le troupeau vers le trottoir.

Vu comme ça, Paris ressemble plus à un village qu’à une capitale. À l’époque où Hem et sa femme habitaient ici, il y avait aussi au rez-de-chaussée de l’immeuble un bal musette, que fréquentait la Lost Generation.        

  

Ernest et Hadley Hemingway

Ernest Hemingway

et son fils

Bumpy

Comte de Lautréamont de son vrai nom, Isidore Lucien Ducasse

 7, rue du faubourg Montmartre – Paris –

Ce poète maudit, mort on ne sait comment, à l’âge de 24 ans, a connu un succès posthume grâce à ses Chants de Maldoror. Les temps sont durs on est en novembre 1870, et Paris est assiégé par l’armée Prussienne et ses alliés. Napoléon III et sa dynastie ont été déchus, la France va mal. En seulement quelques mois, le taux de mortalité à Paris a doublé. Les Parisiens, enfermés dans leur ville, n’ont plus de bois ni de charbons pour se chauffer et plus rien à manger. Alors, ils commencent à cuisiner les chiens, les chats, les rats, et même les animaux du jardin des plantes. Les bouchers de la capitale mettent sur leurs étalages les morceaux découpés de Castor et Pollux, les deux pauvres éléphants du zoo. Comme tous les Parisiens, surtout les pauvres, Isidore subit cette horreur. Il vit alors dans un hôtel au 7, rue du faubourg-Montmartre. Cela fait deux ans qu’il a écrit les Chants de Maldoror. Il fait publier le premier Chant à compte d’auteur et anonymement en 1868. L’année de son décès, il fera publier, cette fois à son nom, un recueil de poésie intitulé sobrement « Poésie ». C’est le 24 novembre 1870 que l’hôtelier du 7, rue du Faubourg-Montmartre le trouvera mort dans sa chambre. On l’enterra au cimetière Montmartre dans une concession temporaire, puis, quelque temps après, on le transféra dans une autre concession temporaire et gratuite. En 1879, soit neuf ans après sa disparition, la Mairie de Paris racheta ces concessions et les désaffecta, pour construire en 1900 l’hôpital Bretonneau . D’après les spécialistes, le corps du Comte de Lautréamont n’a jamais été déplacé, donc si l’on veut se recueillir, c’est devant cet hôpital que nous devrions aller. Mais prenez garde, car le Comte n’aime pas ça. Souvenez-vous d’un passage dans le chant I : Qui ouvre la porte de ma chambre funéraire ? J’avais dit que personne n’entrât, qui que vous soyez, éloignez-vous.

Pour André Breton, le Comte de Lautréamont fut le père du surréaliste. Les Chants de Maldoror était le livre de chevet de Modigliani. André Gide proclamait l’importance littéraire et ultra-littéraire de l’admirable Lautréamont. Plus récemment, Hubert Felix Thièfaine en fait référence dans « les dingues et les paumés » :

Ce sont des loups frileux au bras d’une autre mort

Piétinant dans la boue les dernières Fleurs du mal

Ils ont cru s’enivrer des chants de Maldoror

Et maintenant ils s’écroulent dans leur ombre animale.

Mais attention lecteur impétueux, avant de lire les chants de Maldoror sache que le Comte de Lautréamont lui-même mettait en garde ses futurs lecteurs. On pense que le nom Maldoror est une contraction de Mal et Horor.

Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls s’avoueront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant.

Et plus loin encore, il prévient son lecteur, celui qui a décidé de ne pas tourner les talons : 

Lecteur, c’est peut-être la haine que tu veux que j’invoque dans le commencement de cet ouvrage ! qui te dit que tu ne renifleras pas, baigné dans d’innombrables voluptés, avec tes narines orgueilleuses, larges et maigres, en te renversant de ventre, pareil à un requin, dans l’air beau et noir, comme si tu comprenais l’importance de cet acte et l’importance non moindre de ton appétit légitime, lentement et majestueusement, les rouges émanations ? Je t’assure, elles réjouiront les deux trous informes de ton museau hideux, ô monstre, si toutefois tu t’appliques auparavant à respirer trois mille fois de suite la conscience maudite de l’Éternel !

Le comte de Lautréamont, bien que moins connu, est considéré comme l’un des plus grands poètes maudits de tous les temps à l’instar de Baudelaire, Verlaine, Rimbaud et de Nerval.

  

Comte de Lautréamont

Isidore Ducasse

Comte de Lautréamont

Isidore Ducasse

Hôtel de Lauzun (Pimodan)

17, quai d’Anjou, île St louis.

Le club des Hashischins

C’est en 1844, que le docteur Jacques Joseph Moreau, 1er psychiatre à avoir travaillé sur les effets de la drogue, créa le club des Hashischins. Ce club se tenait une fois par mois, sur l’île St Louis, dans l’appartement que louait le peintre Fernand Boissard à l’hôtel Lauzun, aussi appelé Pimodan. À cette époque, les Français découvraient l’opium à travers un livre de Thomas Quincey « Les Confessions d’un Mangeur d’Opium » traduit par Alfred de Musset. Les drogues attiraient, déjà, les scientifiques pour leurs pouvoirs curatifs, mais aussi les artistes en mal d’inspirations. Lors de ces soirées, le docteur Moreau initia des écrivains, poètes et peintres, comme Charles Baudelaire, qui habitait juste à l’étage au-dessus, Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas, Eugène Delacroix…

Il ne s’agissait pas de séance de fumette, ils consommaient du dawamesk, qui est une sorte de confiture obtenue avec un mélange de marijuana, matière grasse, du miel, des pistaches, des épices telle que la vanille, la cannelle… dans une des recettes que donne Charles Baudelaire, ils y incorporaient parfois un peu d’opium. Pendant ces séances, il fallait qu’un des membres reste sobre, afin de prévenir toute folie ou défenestration d’un des mangeurs de haschich. Lors de sa venue, H. de Balzac aurait eu envie de se jeter par la fenêtre pour aller se promener. D’après les membres du club, le dawamesk modifiait le temps, les couleurs et le son de la musique.

Charles Baudelaire ne venait pas comme un drogué, mais comme un scientifique, observant les réactions des invités et par la suite les siennes. Il prenait des notes pour écrire plus tard « Les Paradis Artificiels ». Théophile Gautier, nous a laissé un témoignage de son intronisation au club des Hashischins  :  Un soir de décembre, obéissant à une convocation mystérieuse, rédigée en termes énigmatiques compris des affiliés, inintelligibles pour d’autres, j’arrivai dans un quartier lointain, espèce d’oasis de solitude au milieu de Paris, que le fleuve, en l’entourant de ses deux bras, semble défendre contre les empiètements de la civilisation, car c’était dans une vieille maison de l’île Saint-Louis, l’hôtel Pimodan, bâti par Lauzun, que le club bizarre dont je faisais partie depuis peu tenait ses séances mensuelles, où j’allais assister pour la première fois. Mais il n’adhérera pas longtemps à ces prises de drogue, ne trouvant là que subterfuge : Après une dizaine d’expériences, nous renonçâmes pour toujours à cette drogue enivrante, non qu’elle nous eût fait mal physiquement, mais le vrai littérateur n’a besoin que de ses rêves naturels, et il n’aime pas que sa pensée subisse l’influence d’un agent quelconque.

Aujourd’hui, l’hôtel Lauzun appartient à la ville de Paris et est classé dans les monuments historiques depuis 1906.

On dit que Jim Morrison durant sa vie parisienne, venez souvent faire un tour devant l’hôtel particulier. Certainement qu’il aurait aimé vivre à cette époque et faire partie du club très fermé des Hashischins.

  

Les Fondateurs

Les Membres

C.Baudelaire

E. Delacroix

G. Flaubert

H. de Balzac

Docteur Moreau

Théophile Gautier

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