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Les Lieux Mythiques de Paris

Dieu a inventé le parisien pour que les étrangers ne puissent rien comprendre aux français.


                                                                                                               Alexandre Dumas, fils.

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Le Bateau Lavoir

13, Place Émile Goudeau (anciennement Place Ravignan)

C’est Max Jacob qui baptisa ainsi ce bâtiment. Pourquoi Bateau ? Parce que ses longs couloirs ressemblaient aux coursives d’un bateau, avec de chaque côté les portes d’entrée des ateliers. Pourquoi Lavoir ? Par ironie, tant le lieu était insalubre, juste un trou lugubre en guise de WC et un robinet d’eau pour tous, au rez-de-chaussée. Pas de gaz et pas d’électricité. L’écrivain André Salmon entra dans la vie de Pablo Picasso, le plus illustre locataire du Bateau Lavoir, en pleine période bleue. Il décrivit ainsi son atelier : « Une case à peindre en planches, une petite table ronde achetée dans une brocante, un vieux divan et le chevalet. » Attenante à cet atelier, se trouvait une pièce qui servait de chambre. Vous l’avez compris, nous étions loin de l’époque des Bobos, et la Bohême, malgré tout l’esthétisme que nous lui trouvons, s’apparentait à la dureté de la misère. Roland Dorgelès a bien résumé cette période. Lorsqu’il entendait les gens et les critiques s’étonner de voir les personnages de Picasso si maigres, pendant sa période bleue, il rétorqua tout simplement : « C’est parce que Montmartre avait faim ».

Mais revenons au Bateau Lavoir, ou à la Maison du Trappeur (surnom antérieur). Le bâtiment date de 1860, à cette époque il sert d’atelier pour une fabrique de pianos. Puis, en 1867, c’est un serrurier qui s’y installe. Ce n’est qu’en 1889 que le propriétaire, voulant le rentabiliser au mieux, demande à un architecte de le diviser en dix ateliers pour pouvoir les louer aux artistes qui peuplent Montmartre. Ce qui fait l’étrangeté de cet immeuble, c’est que l’entrée se fait par la place Émile Goudeau et est en fait située au dernier étage de l’immeuble qui en comporte trois. Pour le diviser en ateliers, l’architecte monta des parois en bois un peu partout, créant un véritable dédale de couloirs étranges.

  

C’est en avril 1904 que Pablo Picasso revient, pour la quatrième fois, de Barcelone à Montmartre avec son ami le peintre Sebastià Juner Vidal. Ce dernier loue alors un atelier au Bateau Lavoir et aménage avec Picasso et son chien, ainsi qu’un guitariste gitan, l’étroite pièce attenante à l’atelier qui servait de pièce à vivre. Juner Vidal profite du seul lit pendant que les deux autres dorment à terre sur un tapis. Heureusement pour Picasso, cette situation ne durera pas. Juner Vidal, voyant la dureté de la vie et le peu d’intérêt que suscite sa peinture chez les galeristes parisiens, va retourner à Barcelone, laissant l’atelier à Picasso, qui le décora de meubles de brocantes. L’époque du Bateau Lavoir est une époque phare dans l’art. L’arrivée de Picasso dans la demeure et dans ce quartier fait de moulins et de petites maisons, qui ressemble plus à un village qu’à Paris, a été un passage essentiel dans l’art moderne. C’est ici que Picasso va révolutionner l’art. Une bande va se former autour du jeune espagnol, Max Jacob, Guillaume Apollinaire, André Salmon, ses concourants et amis Georges Braque et Henri Matisse, Alfred Jarry, Léo et Gertrude Stein… Tous veulent révolutionner l’art, le faire évoluer. Dans ses premières années au Bateau Lavoir, Picasso va continuer à se chercher comme artiste. Pendant cette période de vache maigre, il va privilégier le dessin à la peinture, par économie, mais aussi parce qu’il cherche comment sortir de sa période bleue. L’influence de ses amis poètes, Max Jacob, André Salmon, mais surtout Guillaume Apollinaire, vont l’aider à sortir de cette tristesse bleue. Fier de sa bande, Picasso écrira au-dessus de la porte de son atelier « Au rendez-vous des poètes ». Ils se réunissent dans son atelier, mais aussi dans les bars de Montmartre, pour boire et discuter d’art toute la nuit. Cette vie plus joyeuse et surtout l’influence de Guillaume Apollinaire, qui aime les comédiens de rues et les saltimbanques, va mettre du rose sur la palette de Picasso. L’atelier de Picasso au Bateau Lavoir devient un point de rassemblement. Dans cette vieille bicoque, on se rencontre, boit et fume de l’opium. Parmi toutes les œuvres que créa Picasso dans son atelier du Bateau Lavoir, il y en a deux qui tiennent une place importante dans le monde de l’art. La première est le portrait de Gertrude Stein. Cette jeune riche Américaine et son frère Léo sont des amateurs d’art. Gertrude ambitionne d’être écrivaine. Les Stein s’installent à Montparnasse, et c’est là qu’ils inviteront Pablo Picasso accompagné de sa compagne de l’époque Fernande à un dîner. Les Stein, friands d’art, vont prendre en sympathie le jeune peintre si bien que lorsque Picasso va proposer à Gertrude Stein de pauser pour lui, celle-ci accepta. Durant trois mois elle devra traverser Paris en omnibus, tiré encore par des chevaux, pour aller pauser au Bateau Lavoir. Pour ce tableau, Picasso veut changer d’approche. Gertrude Stein est une femme pas très jolie, mais avec un vrai caractère. Et c’est ça qu’il veut que l’on voit dans son œuvre. Il tâtonne pendant des mois, ne trouvant pas comment mettre en avant la personnalité de son sujet plutôt que sa plastique. Au bout de plusieurs mois de lutte, il se met à désespérer d’arriver un jour à la fin de ce tableau. Il décide de repartir en Espagne, chercher l’inspiration avec Fernande. C’est à Gosol que Picasso va renaitre. Dans ce paysage naturel, entouré de paysans, il va trouver la force de s’affranchir. De retour à Paris, enfermé dans son atelier il finira le portrait de Gertrude Stein, commençant à rompre avec l’art de l’époque. On dit que plus Gertrude vieillissait plus elle ressemblait au tableau de Picasso.

  

La deuxième étape fut décisive. Un soir, Picasso se rend avec ses amis, Max Jacob, Apollinaire et Salmon, chez Henri Matisse. Ce dernier, très fier de sa nouvelle acquisition, montra à ses hôtes la petite statue congolaise qu’il venait d’acheter. D’après Max Jacob, Picasso fut tellement éblouie par cette petite sculpture qu’il a garda, toute la soirée, entre ses mains. Picasso allait commencer à explorer l’art africain. Il commença à vouloir travailler sur une grande œuvre, où l’on retrouverait des femmes nues en hommage à Cézanne et les Grandes Baigneuses. Il hanta les bordels de Montmartre, pour figer dans son esprit les pauses de ses femmes qui vendent leur charme, qu’il représentera déformées et mutilées. Il passa son temps à faire des croquis. Puis un jour, pendant l’hiver 1906, il s’enferma dans son atelier en interdisant l’accès à tous ses amis. Pendant plusieurs mois il va travailler sans relâche sur son œuvre. Une fois terminée, en juillet 1907, il invita sa bande à venir voir ce qu’il faisait en cachette de tous. Apollinaire, Gertrude et Léo Stein, Salmon et les autres restèrent sans voix devant un tel spectacle. Certains déclarèrent même à Picasso que cette œuvre est un acte de terrorisme. Picasso aurait-il franchi la ligne rouge ? Henri Matisse critiqua amèrement cette toile, alors que Henry Kahnweiler déclara « Un jour, nous apprendrons que Picasso s’est pendu derrière sa grande toile. » Mais malgré toutes les critiques, Picasso restera un homme libre et sans concession. Cette œuvre marquera à jamais l’entrée de la peinture dans l’art moderne pour déboucher plus tard sur le cubisme. Le nom d’origine de ce tableau est « El Burdel de Avinon » en hommage à une rue à prostituées de Barcelone. C’est André Salmon qui proposa plus tard, en 1916, le nom de « Demoiselles d’Avignon ».

  

Le Bateau Lavoir - Montmartre
Le Bateau Lavoir, intérieur, Montmartre
Bateau Lavoir l'incendi de 1970
Pablo Picasso dans son atelier du Bateau Lavoir - Montmartre
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Georges Brassens Impasse Florimont
Georges Brassens chez Jeanne
Georges Brassens, 9 Impasse Florimont
Georges Brassens avec Jeanne Planche

Le Grenier de Picasso

7, rue des Grands-Augustins

Il y a des endroits qui inspirent les artistes sur plusieurs générations. C’est le cas de cet hôtel particulier sur la rive gauche. Il faut dire qu’il avait un atout majeur dans sa manche, un grenier magnifique. Honoré de Balzac, qui vivait non loin de là, avait dû visiter ce grenier juste avant d’écrire « Le Chef d’œuvre Inachevé » en 1831. En voyant cet espace, la lumière, ses énormes poutres, il imagina l’atelier où Poussin rencontre le vieux maître Frenhofer :

« Vers la fin de l’année 1612, par une froide matinée de décembre, un jeune homme dont le vêtement était de très mince apparence se promenait devant la porte d’une maison située rue des Grands-Augustins, à Paris. » (Le Chef d’œuvre Inachevé, Honoré de Balzac)


102 ans plus tard, en 1933, c’est au tour de Jean-Louis Barrault, comédien, metteur en scène et directeur de théâtre, de s’installer ici. Il n’avait alors que 23 ans, aimait la bohème et la comédie. Durant trois ans, le grenier allait devenir le lieu de rendez-vous des jeunes artistes de Saint Germain-des-Prés et d’une foule d’inconnus. Parmi les plus illustres, on peut citer : Louis Aragon, Jean Cocteau, Jacques Prévert, Jules Romain, Jean-Paul Sartre, Mouloudji encore enfant et Madeleine Renaud avec qui Barrault se mariera. Ambitieux, il créa une compagnie de théâtre du nom de « Grenier des Grands-Augustins », ça avait du panache ! C’était un mélange de genres extraordinaire, un carrefour de différents courants intellectuels et artistiques : « à la papauté de Breton, au schisme communiste d’Aragon, à la dispersion des individualistes, on pouvait ajouter une quatrième veine ; celle qui venait du mouvement Dada : Tristan Tzara, Dr Fraenkel, etc. Tout le monde se mélangeait (…) Au Grenier, la porte n’était jamais fermée, venait y habiter qui voulait… » (Jean-Louis Barrault)


Pendant ce temps, de l’autre côté de la rive, Pablo Picasso commençait à s’ennuyer dans son appartement, rue La Boétie. Le monde intellectuel n’était plus ni à Montmartre, ni à Montparnasse, mais à Saint Germain-des-Prés. Sa vie affective était devenue très compliquée, une femme et deux maîtresses. En 1937, lors d'une rencontrant avec Jean-Louis Barrault, il apprit que le fameux grenier était disponible. Faire son atelier à l’endroit même où Balzac, 106 ans auparavant, avait situé l’atelier du « Chef d’œuvre Inachevé » était pour lui un signe. Ce court roman, Picasso le connaissait parfaitement, il avait même fait quelques eaux fortes sur le thème du récit. Il aménagea au 7, rue des Grands-Augustins en mars 1937, et Dora, sa maîtresse, juste à côté, rue de Savoie. Brassai, photographe et ami de Picasso, expliqua ainsi l’attirance de Picasso pour ce lieu : « En plus vaste, il lui rappelait le Bateau-lavoir, dont secrètement il garda toute sa vie la nostalgie. Il pouvait avoir l’impression d’être à l’intérieur d’un navire avec ses passerelles, ses soutes, sa cale. »


Picasso, aménagea les deux grandes pièces à vivre en entrepôt, et, au-dessus, au grenier, son atelier avec un petit appartement attenant. Plus d’un siècle après Balzac, ce grenier allait enfin être le théâtre d’un des plus grands chefs-d’œuvre de la peinture moderne. Le monde allait de nouveau basculer dans l’horreur de la guerre. Picasso n’avait jamais été un peintre engagé, mais cet atelier, si vaste, lui donnait envie de réaliser une grande œuvre, avec un message. Pendant quelque temps il chercha le thème à aborder. Étant espagnol, il voulait parler de Franco et de la souffrance de son peuple. Hélas, les actualités lui donnèrent l’inspiration. Aux Pays-Bas, une ville vivait tant bien que mal à l’abri des souffrances causées par le dictateur Franco. Un mois après que Picasso se soit installé dans son nouvel atelier, cette ville, Guernica, allait devenir le théâtre de l’horreur : le 26 avril 1937, les cloches de la ville se mirent à sonner, pour dire aux habitants de fuir et de se mettre aux abris. Puis vinrent les grondements dans le ciel, les avions aux croix gammées qui lâchèrent leurs bombes tout en mitraillant toute âme qui vive pendant plus de trois heures. Bilan : mille six cent cinquante-quatre morts. Adolphe Hitler voulait montrer au monde sa puissance, sa résolution et son soutien à Franco. Picasso, voyant le massacre dans la presse parisienne, se mit aussitôt au travail dans son grenier et créa « Guernica ». Lorsque l’on analyse Guernica, la leçon du vieux maître Frenhofer à son élève Porbus dans « Le Chef d’œuvre Inachevé » résonne encore : « la mission de l’art n’est pas de copier la nature, mais de l’exprimer ! Tu n’es pas un vil copiste, mais un poète ! » (Le Chef d’œuvre Inachevé, Balzac)

Depuis mai 2013, le « Grenier Picasso », après une longue bataille juridique et une pétition réunissant une liste incroyable d’artistes français, à finalement été classé monument historique, afin de préserver ce lieu unique où trainent parfois encore, c’est sûr, le fantôme de Balzac et celui du maître Pablo Picasso.

  

Honoré de Balzac
Jean-Louis Barrault
Picasso - Guernica
Reception au grenier de Picasso par Brassai. Jacques Lacan, Cécile Eluard, Pierre Reverdy, Louise Leiris, Zanie Aubier, Picasso, Valentine Hugo, Simone de Beauvoir. Assis : Sartre , Albert Camus, Michel Leiris, Jean Aubier et Kazbek, le berger afghan de Picasso.

Georges, la Jeanne et l’Auvergnat

9, Impasse Florimont – Paris 14e –

Pour comprendre les chansons de l’ami Georges Brassens, il faut jeter un œil du côté de l’impasse Florimont, à l’adresse de Jeanne et Marcel.

Jeanne : Chez Jeanne, la Jeanne,

                                      Son auberge est ouverte aux gens sans feu ni lieu,

                                      On pourrait l’appeler l’auberge du Bon Dieu

                                      S’il n’en existait déjà une,

                                      La dernière où l’on peut entrer

                                      Sans frapper, sans montrer patte blanche…

Marcel : l’Auvergnat

                                                Elle est à toi cette chanson,

                                                Toi l’Auvergnat qui, sans façon,

                                                M’as donné quatre bouts de bois

                                                Quand, dans ma vie, il faisait froid,

                                                Toi qui m’as donné du feu quand

                                                Les croquantes et les croquants,

                                                Tous les gens bien intentionnés,

                                                M’avaient fermé la porte au nez…

On est en 1943, la jeunesse française sous Vichy subit le Service du Travail Obligatoire (STO). Georges Brassens n’échappe pas à la corvée et se rend au camp de travailleurs de Basdorf dans les alentours de Berlin. Là, il va travailler dans les ateliers où l’on fabrique les moteurs d’avions BMW. Au bout d’un an, Georges obtient une permission pour 15 jours. Fini le cambouis, les saucisses et la bière : Georges déserte et retourne à Paris. Sa tante, chez qui il se rend, l’envoie se cacher de la Gestapo qui rode, chez une amie, au 9 de l’impasse Florimont. Les propriétaires, Jeanne et Marcel, acceptent d’héberger le jeune rebelle de 22 ans. La maison est petite, mais quand il y en a pour deux, il y en pour trois. On installe Georges dans un lit-cage, au fond de la salle à manger. Dans un coin, un poêle qui se nourrit de tout bois, y compris du plancher, pour réchauffer la petite tribu pendant la guerre. Une armoire près du lit avec laquelle Georges frappe du pied pour donner du rythme à ses chansons, une table ronde, un escalier en colimaçon qui mène à la chambre de Jeanne et Marcel et des chats, des chiens, des oiseaux, une canne, une tortue… Il faut dire que la Jeanne est réputée pour ouvrir sa porte à tous les malheureux, pour Georges elle est même un peu folle. Il n’empêche que Georges et Jeanne vont vivre une grande histoire d’amour. Georges veut être poète et Jeanne la couturière croit en son talent. Pendant un an, il va se cacher, attendre la libération, mais surtout lire. Jeanne va investir dans les livres des grands de ce monde : Fillon, Victor Hugo, Rimbaud, Baudelaire… Georges doit apprendre à exprimer toutes ces choses qui lui traversent l’esprit, en faisant des rimes. Côté cœur, la maison fait ménage à trois. On ne sait pas si Marcel, le mari, qui passe pas mal de temps au bistrot, est au courant de l’histoire d’amour qui se joue chez lui entre Georges, 22 ans, et Jeanne, 50 ans. La libération arrive, mais Georges Brassens ne va rien changer à ses habitudes, et continuera à vivre sous le toit de Jeanne et Marcel pendant plus de vingt ans, dans cette petite maison sans eau ni électricité. Plus tard, il dira de cet endroit : « J’y étais bien, et j’ai gardé, depuis, un sens de l’inconfort tout à fait exceptionnel. ». Avec le temps et le succès, Brassens va se détacher de Jeanne et avoir des aventures plus ou moins sérieuses. Il prendra soin que tout ce petit monde ne puisse pas se croiser. Mais il restera près de Jeanne jusqu’à la fin. Cependant, il quittera la petite maison, non pas parce que le succès le rendit bourgeois, mais à cause de la mort de Marcel et du remariage de Jeanne avec un homme un peu clochard sur les bords, mais surtout un peu brutal après quelques verres, et ça, Georges, il n’aima pas. Aussi, il quitta le foyer de Jeanne après 22 ans de vie cachée dans l’impasse Florimont. En écoutant Brassens, on peut retrouver de cette vie simple, de ses joies et de ses peines. Par exemple, Jeanne avait vraiment une canne. Lorsqu’elle est morte, Brassens chanta : La canne — De Jeanne — Est morte ce matin – Elle avait fait – La vielle – Merveille, un œuf.

Moins drôle, la chanson : « Mourir pour des Idées » lui aurait été inspiré par le frère de Jeanne, qui avait été conduit à Fresnes alors qu’il faisait de la résistance. Georges accompagna Jeanne voir son frère une dernière fois en prison. Puis, on le transféra en Allemagne où on lui coupa la tête à la hache.

Mourir pour des idées, l’idée est excellente – Moi j’ai faillit mourir de ne pas l’avoir eu…

Après avoir quitté l’impasse Florimont, Georges acheta une vielle maison, à une heure de Paris. Il avait comme voisin Bourvil, et comme invités tous ses amis, ceux du camp en Allemagne, qu’il n’a jamais quittés, mais aussi des plus célèbres comme Georges Moustaki, Raymond Devos, Marcel Amont…

Je vivais à l’écart de la place publique,

Serein, contemplatif, ténébreux, bucolique,

Refusant d’acquitter la rançon de la gloire,

Sur mon brin de laurier, je dormais comme un loir.

Les gens de bon conseil ont su me faire comprendre

Qu’à l’homme de la rue j’avais des comptes à rendre

Et que, sous peine de choir dans un oubli complet,

J’devais mettre au grand jour tous mes petits secrets.

Trompettes

De la Renommée,

Vous êtes

Bien mal embouchées !