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Restaurants à Paris

Paul Verlaine au Procope

Le Procope

113, rue de l'ancienne comédie (quartier Latin).


On dit de lui qu'il est le plus vieux café de Paris, et donc, peut-être du monde. Fondé en 1686, prés de l'ancienne Comédie Française, il devint très vite le premier café littéraire de Paris. De la Fontaine, Voltaire, Rousseau, Beaumarchais, H. de Balzac, Victor Hugo, Paul Verlaine, Diderot, Benjamin Franklin ont étés des clients du Procope. Pendant la révolution française, le café était devenu un lieu de réunions pour Danton , Marat (qui habitaient dans la quartier), et Robespierre.

  

Serge Gainsbourg

Le Bistrot de Paris

33, rue de Lille (quartier Latin).


Serge Gainsbourg avait ses habitudes dans ce bistrot situé près de chez lui. Sa table, la n°46, est située en face du bar, un peu en retrait de la salle. Mémoire du serveur Luis :

« En partant, il me donnait discrètement un billet de 500F pour le service. C’était énorme ! Il laissait le même pourboire quand je lui apportais chez lui, juste à côté, la bouteille de Bordeaux qu’il nous avait commandée au téléphone… Il venait manger avec Michel Drucker, Bashung ou Jacques Dutronc… La veille de sa mort encore, le 1er mars 1991, il est venu avec Bambou et Charlotte. Quand je l’ai vu, tout maigre et pâle, je me suis dit : c’est la fin. Il n’a rien mangé. Il a juste bu un verre de Porto qu’il a pris au bar d’un coup sec. (NDRL le Parisien 02/03/2011)

  

Restaurant le Polidor, Paris
Victor Hugo
Jacques Prevert

Restaurant le Polidor

41, rue Monsieur le Prince – St Germain - Paris


Ce restaurant de cuisine traditionnelle date de 1845, ce qui en fait l’un des plus vieux de la capitale. Au départ, c’était ce  que l’on appelait alors une crèmerie-restaurant. Un genre de fromagerie, où l’on pouvait trouver du lait frais, des œufs, des fromages… Petit à petit, les propriétaires, se mirent à servir des petits plats pour pas cher. Au fil du temps, ils se sont spécialisés et ont fait leur choix entre crémerie et restaurant. Aujourd’hui, le Polidor, jouit d’une belle réputation. Il a su garder son charme d’autrefois, lorsque ses habitués, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Baudelaire…venaient se restaurer, boire un coup ou même jouer aux cartes. A cette époque, au dessus du Polidor, il y avait l’hôtel d’Orient. Arthur Rimbaud logea un temps dans cet hôtel et c’est en voisin, qu’il venait au Polidor. On dit aussi que c’est ici que Victor Hugo commença les Misérables, avant de partir pour Guernesey. André Gide, James Joyce, Paul Léautaud, Ernest Hemingway, Boris Vian ont été des habitués des lieux.

En 1948, fut créé le collège Pataphysique. Pata quoi ? me direz-vous ! Suivez le lien, ils vous l’expliqueront mieux eux-mêmes. C’est ici que le collège se réunissait et que les nouveaux membres perpétuent la tradition. Les acteurs pataphysiciens illustres, furent, Boris Vian, Eugène Ionesco, Paul Emile Victor, Jacques Prévert, Raymond Queneau…

Plus récemment, Woddy Allen, a choisi le Polidor comme décor de son film « Midnight in Paris ». Les Fitzgerald mènent Owen Wilson au Polidor. Il fera la connaissance de Ernest Hemingway ( Corey Stoll).

Ce restaurant a une vraie histoire, il est peuplé de fantômes, mais pas n’importe lesquels.

  

La Coupole

102 Boulevard du Montparnasse

Le 20 décembre 1927, une inauguration eut lieu sur le Boulevard du Montparnasse. Une soirée que les Montparnos ne devaient pas manquer, l’ouverture des portes du restaurant de la Coupole. La Coupole, se nom, comme un écho aux autres cafés du coin : le Dôme et la Rotonde, avait pour ambition d’être le plus grand restaurant de Paris. Depuis déjà deux ans, Paris vivait à la mode Art déco. La Coupole allait devenir le symbole de ce nouveau style aux formes géométriques qui se mettait en opposition aux rondeurs et aux lignes arabesques de l’Art nouveau. Le fleuron de la Coupole est son immense salle, parsemée de 33 piliers recouverts d’imitation marbre et de ses pilastres, chacun peint par un artiste, ainsi que de son fameux curry d’agneau. Le jour de l’inauguration, les 1200 bouteilles de champagne Mumm ne suffirent pas à étancher la soif des 3000 invités. Parmi ses hôtes on pouvait y rencontrer, le monde des arts et leurs modèles, celui des lettres, ainsi que la faune des nuits parisiennes, et tous ceux qui voulaient faire parti de ce qui brillent, avaient rendez-vous là, ce 20 décembre 1927. Depuis, rien n’a vraiment changé à la Coupole. Moins d’artistes, plus de touristes, comme partout ailleurs, mais il est toujours ce temple de l’Art déco, et il n’a jamais désemplis. Des les 1ers jours il est devenu la cantine d’artistes comme Jean Cocteau, Louis Aragon dont on dit qu’il partie de la soirée inaugurale au petit matin dans un car de police. Tous les artistes des années folles « les Montparnos », qui vivaient dans le quartier, ont adopté ce lieu : Man Ray, Henri Miller, Salvador Dali, Henri Matisse, James Joyce qui fréquentait plutôt le bar pour aligner des whiskies, Ernest Hemingway dont on dit qu’il aurait libéré la Coupole en août 1944 avec la 2e DB, Mistinguett, Joséphine Baker qui venait dîner avec son guépard femelle Chiquita qui terrorisée les clients, Pablo Picasso, Kiki de Montparnasse qui se baigna nue dans la vasque lumineuse au milieu du restaurant… Puis, la guerre arrêta la fête, mais elle reprit aussitôt celle-ci terminée (un peu grâce à Ernest quand même). Les tables se remplirent à nouveau, d’artistes anciens et récents : Georges Simenon, André Breton, Albert Camus qui avait la table n° 149 et qui fêta ici son prix Nobel, Jean-Paul Sartre table n°149, Simone de Beauvoir, Yves Montant, Édith Piaff, Coluche qui rencontrera sa future épouse, Renaud qui, en 1973, faisait la manche en terrasse, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, aujourd’hui Charlotte Gainsbourg, Jacques Higelin qui faisait partie de la bande de la coupole qui se réunissaient à la table n° 70, Ionesco qui avait ses habitudes à la table n°34, Amélie Nothomb… On ne pourrait pas faire la liste de tous les artistes qui sont venus déguster le Curry d’agneau de la Coupole. Depuis 1988, la Coupole est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.

Alors, n’hésitons pas et suivons les conseils de Renaud :

Quand viens le soir, j’aime aller boire

Un verre d’alcool à la coupole,

Pour faire du gringue à toute ces dingues,

A toutes ces folles bien trop frivoles.

Toutes les idoles, de la Coupole,

Les midinettes, les gigolettes,

Les carolines en crinolines,

Ne sont en fait que des starlettes.

  

La Coupole pendant les années folles à Paris
Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir à la Coupole, Paris.
Georges Simenon et Josephine Baker à la Coupole, Paris.
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Au rendez-vous des amis

10, rue sainte croix de la Bretonnerie - le Marais -

Au milieu des années 1970, Renaud fait du Rendez-vous des amis son quartier général. Le restaurant est situé à 150 mètres du café concert « La Zipa » (devenu le café théâtre des Blancs Manteaux) où Renaud débute sur scène avec sa guitare. Sur le trottoir, en face du Rendez-vous des amis, une bande de potes : Martin Lamotte, Gérard Lanvin, Roland Giraud… construisent le théâtre de La Veuve Pichard, qui deviendra plus tard Le Point Virgule. Eux aussi vont se mettre à fréquenter « Au rendez-vous des amis ». Parmi cette bande il y a la femme de Gérard Lanvin qui s’occupe de la décoration du théâtre et joue dans les pièces de Martin Lamotte, elle s’appelle Dominique et va devenir la gonzesse de Renaud. La chance de Renaud s’appelle « Vous n’aurez pas l’Alsace et la Lorraine » une comédie écrite et jouée par Coluche. Ce dernier, ayant besoin d’un chevalier blanc, choisit Gérard Lanvin pour interpréter le prince. Alors que Martin Lamotte monte le Secret de Zonga, Gérard Lanvin lui fait faux bond et part sur le tournage de Coluche laissant sa femme Dominique sans défense, alors que le loubard rôde au troquet d'en face. Ayant déjà joué avec Renaud au Café de la Gare (oui, Renaud a commencé par le théâtre) Martin Lamotte propose le rôle de Gérard Lanvin à Renaud. C’est ainsi que l’amoureux transi déserte le zinc de son bistro, les mains dans les poches il traverse la rue avec ses santiags et se retrouve sur les planches avec sa belle, mais ça c’est une autre histoire.

Quelque temps plus tard, Renaud aménage dans le petit studio de Dominique, qui se trouve dans la même rue que le Rendez-vous des Amis. Le pauvre Lanvin se retrouve hébergé par Coluche. Mais, pas rancunier et beau prince, le Gégé se pointe un soir au Rendez-vous des Amis. Au comptoir, Renaud boit un coup et fume une Gauldo. Gérard Lanvin s’approche de lui et lui dit qu’il doit bien s’occuper de Dominique parce qu’elle mérite d’être heureuse, sinon c’est à lui qu’il aura à faire.

Aujourd’hui, le Rendez-vous des Amis, n’est plus fréquenté par cette bande d’artistes et la patronne, Mme David, a pris sa retraite. Mais le restaurant et le bar sont toujours là et proposent des plats français traditionnels, qui valent bien une petite halte. Aujourd’hui, La rue sainte croix de la Bretonnerie est devenu une rue très animée et très gay du Marais.   

Hier au Rendez-vous des amis

Hou là là je m’suis mis minable

Putain d’muflée que j’me suis pris

                    Pochtron Renaud

Rendez-vous des Amis, Paris le Marais
Renaud
Coluche et Gérard Lanvin
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Le Perroquet Vert

7, rue Cavallotti

Ce restaurant de Montmartre date de 1900. À l’époque, il s’appelle « Chez Tonton ». L’une des premières artistes à fréquenter ce petit restaurant a été la princesse roumaine Bibesco. C’est à l’une de ses tables que la princesse, en 1924, passait des heures à écrire le roman qui devint son plus célèbre : « Le Perroquet Vert ». Cette princesse roumaine en exil à Paris, qui fréquentait alors le milieu littéraire de la capitale, était l’amie de Marcel Proust, Max Jacob, Jean Cocteau, Rainer Maria Rilke, Paul Valéry…

C’est en 1930 que le propriétaire du restaurant rebaptisa son affaire « Le Perroquet Vert » en hommage à la princesse. Le restaurant devint un lieu incontournable de Paris. Jean Gabin, Édith Piaf, Yves Montant, Pablo Picasso et son ami Max Jacob, Fernandel… devinrent des habitués.   

Les nouveaux propriétaires ont su garder l’esprit de ce restaurant. La déco entre bistrot et auberge, avec une cheminée qui réchauffe les convives pendant l’hiver, rend le lieu confortable et agréable.

  

Fernandel
Le Dingo Bar, Montparnasse, Paris
Ernest Hemingway et Francis Scott Fitzgerald à Paris
Les années folles à Paris

Le dingo bar - Aujourd’hui : Auberge de Venise

10, rue Delambre – Montparnasse – Paris.


Dans les années de l’entre deux guerres, le Dingo faisait parti de ces bars, où se réunissait la bohème artistique de Montparnasse. Situé dans une des rues les plus appréciée de ces artistes des années folles, son client le plus assidu fut, sans doute, Ernest Hemingway. Il était quand même pilier de comptoir, dans pas mal de troquet de la capitale. A se demander, quand trouvait-il le temps d’écrire. Le dingo, fut tout de même, immortalisé par l’écrivain lui-même, dans « Paris est une fête », car c’est au comptoir de ce bar, qu’il fit la connaissance de Francis Scott Fitzgerald. Rejouons-nous la scène… Ernest est Installé sur un tabouret, au comptoir, Scott, rentre dans le bar, se dirige vers lui et se présente, ainsi que l’un de ses amis, Dunc Chaplin (joueur de base-ball de l’époque). Ils se mettent à boire une bouteille de champagne tous les trois, pendant que Scott monologue sur le talent d’écrivain d’Ernest. Ernest, gêné, étudie la physionomie de Scott. Ils commandent une deuxième bouteille, et Scott lui pose enfin une question. Faisons les curieux, et approchons nous du comptoir pour écouter :

  • Ernest, dit-il. Ca ne vous fait rien que je vous appelle Ernest, n’est-ce pas ?

  • Demandez à Dunc, dis-je.

  • Ne soyez pas stupide. C’est très sérieux. Dites-moi, est-ce que votre femme et vous avez couché ensemble avant d’être mariés ?

  • Je ne sais pas.

  • Comment, vous ne savez pas ? Qu’est-ce que vous voulez dire ?

  • Je ne m’en souviens pas.

  • Mais comment pourriez-vous avoir oublié une chose aussi importante ?

  • Je ne sais pas, dis-je. Bizarre, n’est-ce pas ?

  • C’est pis que bizarre, dit Scott. Il faut que vous soyez capable de vous en souvenir.

  • Je regrette. C’est désolant n’est-ce pas ?

  • Ne vous conduisez pas comme un Angliche, dit-il. Tâchez d’être sérieux et faites un effort de mémoire.

  • Que non ! dis-je. C’est sans espoir. 

                                          Paris est une fête – Ernest Hemingway.

On dit que c’est aussi ici qu’Ernest Hemingway, en connaisseur de cocktails, aurait trouvé la recette du « Long island iced tea ».

Aujourd’hui, le Dingo Bar a troqué son nom, contre l’auberge de Venise. Il est devenu un restaurant italien. Mais, le vieux comptoir en bois est toujours là, en mémoire à ces folles années.   

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Bistrot la Renaissance

112, rue Championnet - Montmartre

En marge du Montmartre touristique, le Bistrot de la Renaissance a vu le jour en 1903. Dans le quartier populaire de Montmartre, ce bistrot aux allures « Art nouveau » semble baigner dans son jus depuis les années 30. Il est des endroits que même les plus grands réalisateurs ne peuvent pas reproduire dans leurs films… malgré les décorateurs, les ingénieurs de lumières et de photos, il manquera toujours au décor l’âme de l’endroit. Le Bistrot de la Renaissance fait partie de ces lieux magiques. C’est ici que Michel Deville pour son film « Le Mouton Enragé », Claude Chabrol avec « Le Sang des Autres », Claude Zidi et ses « Ripoux 1 et 2 » ont posé leur caméra, pour retrouver le Paris populaire aux allures « belle époque » et la gouaille parisienne. Le dernier de ces géants du cinéma n’est autre que Quentin Tarentino pour « Inglourious Basterds ». Le film, même s’il se passe en France, a entièrement été tourné dans les studios de Babelsberg à Berlin, exception faite de la scène dans laquelle Mélanie Laurent rencontre Daniel Brühl dans un café parisien. Quentin Tarentino, pour cette scène, fit le voyage jusqu’à Paris et planta le décor dans le Bistrot de la Renaissance. Pour lui, tout y était : le décor et l’âme des vieux bistrots parisiens. La seule chose qu’il modifia, c’est les banquettes en moleskine rouge qui lui semblaient un peu trop défoncées. Alors, n’hésitez pas, à seulement vingt minutes de la Place du Tertre (où vous ne verrez jamais un parisien s’aventurer), rendez-vous dans ce bistrot où vous trouverez ce que vous êtes sûrement venu chercher à Paris !

Mélanie Laurent, Inglourious Basterds, Bistrot de la Renaissance

Aux Sportifs Réunis ou Chez Walczak

75, rue de Brancion, 15ème Paris

Tel: 01.48.28.61.00


Il y a des lieux qui restent tellement bloqués dans une époque qu’au fil du temps ils deviennent uniques. C’est le cas du restaurant Aux Sportifs Réunis chez Walczak.

Yanek Walczak, d’origine polonaise, a été, durant sa vie, mineur puis boxeur, engagé à la Légion Etrangère pendant la guerre et enfin restaurateur. Pendant sa carrière de boxeur, il affronta des pointures comme Marcel Cerdan au Vel d’Hiv, qui l’envoya au tapis au 4e round : « J’avais fait un beau rêve, battre Cerdan, j’ai cru que j’allais le réaliser, car j’ai tenté ma chance à fond dés le premier coup de gong. Ce coup au foie m’a fait mal, mais j’ai manqué de réflexe, car j’aurais pu me relever. Marcel est un grand champion, mais je voudrais le reprendre, aussi prétentieux que cela puisse paraitre ». Mais aussi Dauthuille, Villemin et Ray Sugar Robinson au Madison Square Garden de New York. Il perdit ce soir-là au point, bien qu’il réussit à l’envoyer au tapis avec un crochet au foie. À 29 ans, il décide de poser les gants, et d’ouvrir un café-restaurant à Vaugirard. Le quartier était alors celui des abattoirs. Walczak décore son restau de photos de ses combats, de boxeurs qu’il admire, de Georges Brassens, qui venait en ami et en voisin, d’Édith Piaff… Jusqu’en 1979, il va vivre au rythme des bouchers qui travaillaient là, avant que les abattoirs ne ferment. La nourriture est solide, l’ambiance populaire et rieuse. Il faut dire que même les garçons bouchers regardaient à deux fois avant de mettre le boxon chez Walczak, il y a des titres qui donnent du respect dans certains milieux. En 1989, Yanek est terrassé par une crise cardiaque, derrière son comptoir. Aujourd’hui, c’est son fils qui a pris la relève du restaurant « Aux Sportifs Réunis ». L’originalité de ce restaurant tient de la pause qu’il a faite dans le temps : ne répondant pas aux sirènes des « lounges » ou des cafés « Bobo », Walczak-fils a laissé le bistrot tel qu’il l’a toujours connu. Les photos jaunissent gentiment sur les murs, où de nouvelles s’y sont ajoutées avec Jean Paul Belmondo, et le poêle à bois continue à réchauffer la salle. Le menu non plus n’a pas évolué, on aime la purée, la charcuterie, la bonne viande, le bon rouge qui réchauffe, le fromage qui l’accompagne… tout ça à volonté pour 30 €. L’ambiance est amicale, on rit, on y écoute de la musique et on bavarde.

Mais il ne suffit pas de vouloir aller dîner ou déjeuner au Walczak pour y être reçu. Hé, oui ! Ce restaurant, unique en son genre, n’a pas de poignée à la porte, qui est toujours fermée à clé, et de lourds rideaux recouvrent les vitres. Comment fait-on, alors ? Plusieurs solution, soit on prend son courage à deux mains et on toque poliment à la porte. Si elle s’ouvre et que vous semblez être plutôt sympa, et surtout, s’il reste de la place, vous serez accepté. Soit vous essayez de téléphoner pour réserver (vous verrez bien). Soit, et c’est bien sûr la meilleure méthode, vous êtes introduit par un habitué. Aux Sportifs Réunis, la première aventure est déjà d’être accepté à table !

Aux Sportifs Réunis chez Walczak
Aux Sportifs Réunis chez Walczak

La Petite Chaise

36, rue de Grenelle

On dit que « La Petite Chaise » est le plus vieux restaurant de Paris, actes notariés faisant foi. Il date de 1680. À cette époque, il n’y avait pas encore de restaurant à Paris, mais des cabaretiers et des taverniers. Mais c’est quoi, un cabaretier ? Et un tavernier ? Des personnes qui ont pour point commun de vendre du vin. On est en 1587, quand Henri III va donner un statut et donc des obligations à ces deux métiers : par exemple, le tavernier ne vendra désormais plus que du vin dit « au pot », à emporter. Alors que le cabaretier, lui, aura le droit de vendre du vin au détail, en verre ou plutôt au godet, et permettra aussi à ses clients de commander à manger et se faire servir un petit festin, assis à une table nappée. Cela peut paraitre étrange aujourd’hui, vu le nombre de restaurants à Paris, mais nous étions au XVIe. Bien sûr, le cabaretier devait s’affranchir, au passage, d’une belle taxe, et là-dessus rien n’a vraiment changé ! Donc, La Petite Chaise version cabaretier était l’ancêtre de la restauration, et on dit qu’il est le plus vieux restaurant de Paris encore debout. Ne vous inquiétez pas pour les taverniers, qui ont fini eux aussi par avoir droit de vendre de la viande rôtie à leurs clients à partir de 1680, mais, détail important pour eux, la viande devait avoir été rôtie chez un charcutier ou un maître rôtisseur. Aujourd’hui, tout est plus simple puisque n’importe qui peut cuisiner et se dire restaurateur.

La grille d’entrée du restaurant, avec son enseigne, classée à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, atteste aussi de son époque : les marchands de vin avaient obligation de protéger leur maison par des grilles en fer forgé.

Il est évident qu’avec son vieil âge, La Petite Chaise « a dû en voir et en recevoir des culs… » (Jaques Higelin). Tout d’abord, époque oblige, les grands seigneurs de Paris venaient ici manger du poisson pêché dans la Seine et servi en fricassées, mais aussi, bien sûr, du gibier chassé dans les bois alentours (il faut imaginer, c’était un tout autre Paris). Le tout jeune Racine, qui travaillait un peu plus loin, rue de Luynes, comme secrétaire de la duchesse de Chevreuse, a bien dû aller y boire un verre un jour. Moins artistique, bien qu’il ait fait les beaux jours de la télévision et du cinéma, Vidocq était un habitué des lieux. Dans ses mémoires, il parle de La Petite Chaise comme l’endroit où il rencontrait ses indics, et où il aurait fait quelques belles arrestations. Plus tard, au XXe, Chateaubriand, Alfred de Musset, Georges Sand avaient leurs habitudes à La Petite Chaise. Le poète François Coppée, l’écrivain Remy de Gourmont et quelques journalistes du Courrier de France et du Mercure se réunissaient ici pour débattre de l’époque. En 1915, Jean Galtier-Boissière créa un journal s’intitulant « le Crapouillot », qui deviendra en 1919 une revue littéraire artistique underground. Galtier-Boissière organisa alors ses fameux « Dîners du Crapouillot », où il convia des artistes comme Colette ou Jean Cocteau. La Petite Chaise devint alors l’un des restaurants de ces soirées mémorables. Grâce au théâtre du « Vieux-Colombier », les gens de théâtre et des lettres dînaient régulièrement ici, comme c’était le cas pour Louis Jouvet, Jean-Paul Sartre, Gérard Philipe. D’autres, tout aussi illustres, sont venus de passage, comme Édith Piaf, Juliette Greco, Luis Mariano, et certainement plein d’autres artistes encore… En revanche, pas du tout artistique pour le coup, François Mitterrand, alors qu’il était étudiant à Science Po, fit de La Petite Chaise sa cantine.

Mais au fait ! On y mange quoi aujourd’hui ? Toujours du poisson fraichement pêché de la Seine et du gibier des bois de Paris ? On vous l’a dit, les temps ont changé, mais La Petite Chaise est toujours là, avec ses fourneaux qui mijotent toujours une bonne cuisine française, traditionnelle, bien d’chez nous quoi ! Et qui, sans nul doute, attire encore aujourd’hui les artistes de Paris ou de passage.

La Petite Chaise
Colette
Jean Cocteau

Brasserie Wepler

14, Place de Clichy

« Du côté de la place Clichy se trouve le café Wepler qui fut longtemps mon repère favori. Je m’y suis assis à l’intérieur ou sur la terrasse, par tous les temps. Je le connaissais comme un livre. Les visages des serveurs, des directeurs, des caissières, des putains, des habitués même ceux des dames des lavabos sont gravés dans ma mémoire comme les illustrations d’un livre que je lirais tous les jours. »

Henry Miller — Jours Tranquille à Clichy

Henry Miller a vécu quelques années à Paris. Il était venu, comme beaucoup d’américains à cette époque, sur les traces de Rimbaud, Baudelaire, Verlaine, Hugo… dans l’espoir de trouver l’inspiration. Il fréquenta la Brasserie Wepler en voisin. De 1932 à 1934, Miller habitait avec son ami Alfred Perles (écrivain viennois) dans le quartier de Clichy, au 4, rue Anatole France. À l’époque il n’était pas encore un écrivain reconnu, il vivait de petits articles qu’il vendait au « Chicago Tribune ». Seul dans son coin, il passait des heures à écrire "Tropique du cancer", assis aux terrasses des cafés tel que le Wepler, à observer les gens et leurs vices.

Mais Henry Miller n’est pas le seul à avoir été un habitué du Wepler. En fait, ce café a toujours été l’un des rendez-vous des artistes de Montmartre, comme Modigliani, Pablo Picasso, Utrillo, Apollinaire, Marie Laurencin… 

Le Wepler est une brasserie parisienne comme on en voit dans les vieux films. Contrairement à beaucoup d’autres, aucune chaîne de restauration ne lui a mis le grappin dessus. Au beau milieu de la Place Clichy, elle en impose avec sa devanture aux stores rouges, sa déco d’un autre siècle, ses serveurs à la galanterie désuète mais classieuse. On y déguste des fruits de mer et une cuisine traditionnelle. Si vous décidez d’aller manger quelques huitres ou même juste prendre un verre, regardez autour de vous, car aujourd’hui comme hier, les artistes qui peuplent Montmartre restent de bons clients du Wepler.

Henry Miller par Brassai
Wepler