Serge Gainsbourg à Paris suite

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Serge Gainsbourg à Paris

Le Bistrot de Paris

33, rue de Lille. Fermeture le : samedi midi ; dimanche midi et soir ; lundi soir.  Compter entre 14€ et 60€ le repas.


Serge Gainsbourg avait ses habitudes dans ce bistrot situé près de chez lui. Sa table, la n°46, est située en face du bar, un peu en retrait de la salle. Mémoire du serveur Luis :

« En partant, il me donnait discrètement un billet de 500F pour le service. C’était énorme ! Il laissait le même pourboire quand je lui apportais chez lui, juste à côté, la bouteille de Bordeaux qu’il nous avait commandée au téléphone… Il venait manger avec Michel Drucker, Bashung ou Jacques Dutronc… La veille de sa mort encore, le 1er mars 1991, il est venu avec Bambou et Charlotte. Quand je l’ai vu, tout maigre et pâle, je me suis dit : c’est la fin. Il n’a rien mangé. Il a juste bu un verre de Porto qu’il a pris au bar d’un coup sec. (NDRL le Parisien 02/03/2011)

  

Serge Gainsbourg

La Coupole

102 Boulevard du Montparnasse

Le 20 décembre 1927, une inauguration eut lieu sur le Boulevard du Montparnasse. Une soirée que les Montparnos ne devaient pas manquer, l’ouverture des portes du restaurant de la Coupole. La Coupole, se nom, comme un écho aux autres cafés du coin : le Dôme et la Rotonde, avait pour ambition d’être le plus grand restaurant de Paris. Depuis déjà deux ans, Paris vivait à la mode Art déco. La Coupole allait devenir le symbole de ce nouveau style aux formes géométriques qui se mettait en opposition aux rondeurs et aux lignes arabesques de l’Art nouveau. Le fleuron de la Coupole est son immense salle, parsemée de 33 piliers recouverts d’imitation marbre et de ses pilastres, chacun peint par un artiste, ainsi que de son fameux curry d’agneau. Le jour de l’inauguration, les 1200 bouteilles de champagne Mumm ne suffirent pas à étancher la soif des 3000 invités. Parmi ses hôtes on pouvait y rencontrer, le monde des arts et leurs modèles, celui des lettres, ainsi que la faune des nuits parisiennes, et tous ceux qui voulaient faire parti de ce qui brillent, avaient rendez-vous là, ce 20 décembre 1927. Depuis, rien n’a vraiment changé à la Coupole. Moins d’artistes, plus de touristes, comme partout ailleurs, mais il est toujours ce temple de l’Art déco, et il n’a jamais désemplis. Des les 1ers jours il est devenu la cantine d’artistes comme Jean Cocteau, Louis Aragon dont on dit qu’il partie de la soirée inaugurale au petit matin dans un car de police. Tous les artistes des années folles « les Montparnos », qui vivaient dans le quartier, ont adopté ce lieu : Man Ray, Henri Miller, Salvador Dali, Henri Matisse, James Joyce qui fréquentait plutôt le bar pour aligner des whiskies, Ernest Hemingway dont on dit qu’il aurait libéré la Coupole en août 1944 avec la 2e DB, Mistinguett, Joséphine Baker qui venait dîner avec son guépard femelle Chiquita qui terrorisée les clients, Pablo Picasso, Kiki de Montparnasse qui se baigna nue dans la vasque lumineuse au milieu du restaurant… Puis, la guerre arrêta la fête, mais elle reprit aussitôt celle-ci terminée (un peu grâce à Ernest quand même). Les tables se remplirent à nouveau, d’artistes anciens et récents : Georges Simenon, André Breton, Albert Camus qui avait la table n° 149 et qui fêta ici son prix Nobel, Jean-Paul Sartre table n°149, Simone de Beauvoir, Yves Montant, Édith Piaff, Coluche qui rencontrera sa future épouse, Renaud qui, en 1973, faisait la manche en terrasse, Serge Gainsbourg, Jane Birkin, aujourd’hui Charlotte Gainsbourg, Jacques Higelin qui faisait partie de la bande de la coupole qui se réunissaient à la table n° 70, Ionesco qui avait ses habitudes à la table n°34, Amélie Nothomb… On ne pourrait pas faire la liste de tous les artistes qui sont venus déguster le Curry d’agneau de la Coupole. Depuis 1988, la Coupole est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques.

Alors, n’hésitons pas et suivons les conseils de Renaud :

Quand viens le soir, j’aime aller boire

Un verre d’alcool à la coupole,

Pour faire du gringue à toute ces dingues,

A toutes ces folles bien trop frivoles.

Toutes les idoles, de la Coupole,

Les midinettes, les gigolettes,

Les carolines en crinolines,

Ne sont en fait que des starlettes.

  

La Coupole

Les années folles.

Jean Paul Sartre et Simone de Beauvoir

à la Coupole.

Georges Simenon et Joséphine Baker

à la Coupole.

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Hôtel Esméralda

4, Rue Saint Julien le Pauvre – Paris.


Sur la rive gauche. De la plupart des chambres, on peut admirer la Seine, Notre Dame, l’Ile de la Cité et le square Saint Julien le Pauvre avec son Robinier planté en 1602 qui en fait le plus vieil arbre de Paris.

Loin des standards d’aujourd’hui, l’hôtel Esméralda se dénote par sa déco et par son accueil sans chichi. Aucune des 16 chambres ne se ressemble. Tous les meubles ont été chinés chez les antiquaires et aux marchés aux puces.

La 1re chose qui frappe à l’œil, lorsque l’on pousse la porte d’entrée de l’hôtel, c’est l’escalier qui monte aux chambres. En 1968, Jane Birkin était en tournage pour le film de Pierre Grimblat « Slogan » ce dernier lui avait réservé une chambre à l’Esméralda. Son partenaire, pour le film, était Serge Gainsbourg. On dit, que les premières rencontres sur le plateau de tournage entre Serge et Jane furent plutôt chaotiques. Jusqu’au jour, où, Serge alla chercher Jane à son hôtel Esméralda pour l’emmener diner chez Maxim’s. C’est en la voyant descendre cet escalier tortueux et sans âge que Serge serait tombé amoureux de la belle Anglaise. C’était les années Swinging London, et la mode anglaise était aux jupes très courtes. On peut facilement imaginer, dans le hall d’accueil, en regardant les vieilles marches de bois usées de l’escalier, l’effet que pouvait faire cette apparition. Ils ont ensuite passé leur première nuit ensemble dans l’une de ces chambres.

Hugo Pratt a aussi séjourné à l’Esméralda ainsi que le chorégraphe Béjart.

  

L'Hôtel ****

13, Rue des Beaux Arts.


Oscar Wilde

C'est dans cet hôtel que la camarde trouva Oscar Wilde le 30 novembre 1900. Il vivait dans les chambres n° 6 et 7. Aujourd'hui, ces deux chambres sont réunies en une seule sous le n°16. Déco Wildienne Garantie.

Avant de rendre son dernier souffle dans cette chambre, Oscar aurait eu ces dernières paroles:

Lorsque son médecin lui remit ses honoraires:

- J'ai bien l'impression que je vais devoir mourir au-delà de mes moyens.

Le jour de sa mort:

- J'ai rêvé, mes amis, que je soupais parmi les morts.

Et enfin, en parlant de la tapisserie sur les murs de sa chambre d'hôtel:

- Ou ce papier peint disparaît ou je m'efface.

Puis, il ferma ses yeux pour toujours, laissant derrière lui une dette de 2643,40 francs à l'hôtel.


Mistinguett 1873 - 1956

Elle avait pour habitude de descendre dans cet hôtel. Alors, pour ceux qui rêvent de dormir dans son lit... demandez la chambre Mistinguett, aux allures Art Déco.

- Un baiser peut-être une virgule, un point d'interrogation ou d'exclamation. Voici les points essentiels de la ponctuation que toute femme devrait connaître.


Serge Gainsbourg, Jane Birkin et Charlotte Gainsbourg.

Serge Gainsbourg, avait acheté la maison qu’il garda jusqu’au dernier jour de sa vie, au 5, bis rue Verneuil. Le temps des travaux, il aménagea la chambre « baroque », avec femme et enfant à l’Hôtel. C’était pendant la création de son premier album concept : Mélodie Nelson, qu’il écrivit en parti dans cette chambre. Les employés de l’Hôtel, se souviennent qu’ils leur arrivaient de faire prendre un bain, dans la fontaine de l’Hôtel, à Charlotte, encore Bébé. 

Oscar Wilde

Mistinguett

Serge Gainsbourg

Les Restaurants de Serge Gainsbourg

Les Adresses de Serge Gainsbourg

Le Paris de Serge Gainsbourg avec Under&Over-Ground

  

Viens avec moi par-dessus les buildings

Ca fait WHIN ! quand on s’envole et puis KLING !

Après quoi je fais TILT ! et ça fait BOING

  

Les Hôtels de Serge Gainsbourg

Lucien grandit

11 bis, rue Chaptal  

En 1932, la famille Ginsburg, avec ses trois marmots et son piano, aménage le troisième étage du 11 bis, rue Chaptal, Lucien (Serge), à alors 4 ans. L’endroit, à deux pas de Pigalle et de son agitation nocturne, est idéal pour un pianiste d’ambiance, même si la Bohême et les folies parisiennes ont quitté Montmartre pour Montparnasse. Et puis, les Ginsburg étaient des gens raffinés qui aimaient l’art. Vivre ici, s’était comme vivre parmi les plus illustres habitants du quartier, avoir le fantôme de Frédérique Chopin comme voisin, si l’on ne devait en nommer qu’un, dont Serge Gainsbourg aura une fascination durant toute sa vie d'artiste. Juste en face du 11 se trouve l’école maternelle. Lulu n’aura qu’à traverser la rue pour s’y rendre, il y restera 2 ans pour ensuite se rendre à l’école communale au 9, rue Blanche où il restera 5ans, de 1934 à 1939. Lulu est un enfant timide, mais roublard, chapardeur et pétochard. Parlant de cette période il expliquera plus tard : à l’époque de la communale, je commence à voler, je deviens un petit kleptomane. Je chaparde des soldats de plomb de grand prix, des petites voitures de course, des pistolets que j’arrachais des panoplies et faisais tomber dans mon cartable. Mais impossible de les rapporter à la maison : ils auraient été découverts et je n’aurais pas pu expliquer leur provenance... Mais un jour, il se fait prendre, et après l’avoir menacé d’appeler ses parents, le directeur du magasin lui file un grand coup de pied au cul qui le vaccine à jamais du vol. Les années passent, et, au désespoir de ses parents, Lulu ne s’intéresse pas aux études, il fait l’école buissonnière et traine un peu dans les rues. Son père Joseph se fait un point d’honneur à apprendre à ses enfants à jouer du piano, utilisant une méthode rigide « Quand j’étais gosse et que j’avais fait une connerie, il me faisait le plan d’ôter sa ceinture et de me donner une correction, sur les fesses nues à la cosaque... » Lulu se passionne pour la BD, il dévore les magazines de « Mickey » et des « Robinson ». Son héros favori est Luc Bradefer. C’est à ce moment-là qu’il commence à dessiner et à suivre des cours de dessins à l’académie de Montmartre. À la maison, pas question d’écouter autre chose que de la grande musique : Debussy, Stravinski, Chopin bien sûr… Mais des fenêtres voisines on peut entendre les ménagères fredonner : « Quand on se promène au bord de l’eau » de Jean Gabin, « Les Roses Blanches » de Berthe Sylvia, « Oui je suis de Paris » de Mistinguett, « Vous qui Passez sans me Voir » de Jean Sablon, « Ma Pomme » de Maurice Chevalier, « Ignace » de Fernandel ou « C’est un Mauvais Garçon » de Henri Garat…

Hélas, ce bonheur simple à la française allait être mal traité par l’arrivée du nazisme et de sa Yellow Star. Les Ginsburg, comme tant de juifs, ont dû porter l’étoile jaune. Ils durent aussi quitter leur petit appartement du la rue Chaptal pour Limoges, afin de fuir l’antisémitisme ambiant. Ce n’est qu’après la guerre en 1944 qu’ils reviendront dans leur appartement jusqu’en 1947, où ils déménageront avenue Burgeaud dans le XVIe. Serge a alors 19 ans et rêve de devenir peintre. Les années de Bohême sont devant lui, ce qui le forcera à rester encore de longues années chez papa et maman.

Lucien Ginsburg

Enfant

Olia et Joseph

Ginsburg

Lucien Ginsburg

Bar l’Annexe

Angle de la rue Chaptal et la rue Henner

La première rencontre de Serge Gainsbourg avec une artiste se passa le jour où on lui remit la croix d’honneur à l’école. À l'époque, il porte son vrai prénom Lucien, ou Lulu, ou parfois même Ginette. Fier de son insigne, Lulu rentre chez lui, et, dans la rue Chaptal, croise l’une des plus grandes chanteuses de l’époque, celle que l’on nommait la « Grande Fréhel ». C’était l’époque des javas et elle avait dans son répertoire des standards comme la Java Bleue, un Chat qui Miaule, C’est un Mal, la Coco… Attendrie par le petit Lulu et sa croix d’honneur, et, très probablement aussi, le nez enfariné (Fréhel était connue pour être toxico, même ses chiens prenaient de la cocaïne), elle l’aborda.

Serge Gainsbourg : J’avais neuf-dix ans et voilà que je croise Fréhel qui ressemblait à un tas immonde et qui habitait à deux pas, dans l’impasse Chaptal, où il y avait le grand Guignol. Elle se baladait dans la rue avec un pékinois sous chaque bras, en peignoir, avec un gigolo à distance réglementaire, cinq mètres derrière, comme à l’armée. Je revenais de mon école communale et j’avais la croix d’honneur sur mon tablier. Fréhel m’a arrêté, elle m’a passé la main dans les cheveux, elle m’a dit : T’es un bon petit garçon (elle ne me connaissait pas !). Tu es sage à l’école, je vois que tu as la croix d’honneur alors je vais te payer un verre.

Je revois parfaitement la scène, c’était en terrasse du café qui fait le coin de la rue Chaptal avec la rue Henner. Elle s’est prise un ballon de rouge et m’a payé un diabolo grenadine et une tartelette aux cerises. Premier contact avec le show-business, c’était de taille, elle était assez forte cette femme.

  

Frehel

Serge et Béatrice

12, rue Tronchet

Le 7 janvier 1964, Serge Gainsbourg se marie pour la seconde fois. Sa nouvelle femme, Antoinette Pancrazzi, qui se fait appeler Béatrice, est une femme à la beauté froide et bourgeoise. Elle est connue pour ses crises de jalousie. Dans l’entourage de Gainsbourg, tout le monde tremble devant cette tigresse en vison. Les deux amoureux s’installent au 6éme étage du 12, rue Tronchet. La vie à deux avec un oiseau de nuit et une tigresse possessive s’avère difficile. Des engueulades éclatent à tout moment chez les nouveaux mariés. Dans ses crises de jalousie, Béatrice n’hésite pas à jeter par la fenêtre une montre en or de chez Tiffany. Ils vont tout de même vivre deux ans ensemble et auront un bébé, Natacha. Ces deux années seront essentielles pour Serge, car c’est là que la réussite va lui sourire. Il va quitter son costume de chanteur Rive Gauche, se mettre à écrire pour les Yéyés et sort son Gainsbourg Percussion. 

 Lors d’une interview télé, Denise Glaser lui rappelle qu’il y a quelque temps de cela, il critiquait les Yéyés et le Rock. Sans l’ombre d’une hésitation, Serge lui répond qu’il avait retourné sa veste quand il s’est aperçu que la doublure était en vison. Serge ne veut plus être un chanteur Rive Gauche, il veut gagner de l’argent. Lors d’une autre interview, il dit : je veux être célèbre en 65. Sa rencontre avec France Gall lui donnera la notoriété et l’argent avec des tubes comme : « N’écoute pas les idoles », « Laisse tomber les filles », « Poupées de Cire Poupée de Son » et, en 66, les fameuses : « Sucettes ». C’est aussi à cette époque que Régine, qu’il avait connue à l’époque du Milord l’Arsouille, lui demanda une chanson. Un soir, il va chez elle et lui propose « Les p’tits papiers ». Serge pouvait enfin vivre comme il en rêvait depuis des années, sans compter. À 36 ans, il en avait fini avec les petites salles de concerts où il se faisait souvent mal traiter. Il était capable d’un grand-écart prodigieux en composant aussi bien pour Juliette Greco que pour France Gall.

Malgré cela, à la maison, rue Tronchet, ce n’est pas rose. Béatrice lui mène la vie dure. Avant qu’ils s’installent ensemble, Serge avait mis les choses aux clairs avec Béatrice : ils vivent sous le même toit, mais il continue à travailler chez ses parents, sur le piano de son père. Pourtant, le jour de ses 36 ans, Béatrice, qui ne supporte pas que Serge ne soit pas toujours avec elle, lui offre un piano Steinway qu’elle fait installer dans l’appartement. L’ambiance est électrique, Serge voit les griffes de Béatrice se refermer sur lui, jusqu’à l’ultime dispute : la télévision propose alors à Serge de faire un portrait de lui intitulé Gainsbourg tel quel. Pour ce petit reportage, l’équipe télé vient le filmer dans son intérieur. Béatrice n’apprécie pas tout ce monde chez elle, et une fois l’équipe de tournage parti, elle lui fait une scène. Tout d’abord elle lui balance un pot de confiture à la fraise que Serge esquive à temps. Voyant que Serge ne réagit pas, et qu’il reste là à admirait les fraises dégoulinant sur le mur, elle jette par la fenêtre le bracelet en diamants et rubis qu’il lui avait offerts, et lui dit : Va chercher.

Serge Gainsbourg : Ce fut le drame et je me souviens de ce geste : j’ai pris ma carte d’identité et mon livret militaire et je suis parti, sans rien emporter d’autre. 

C’en était fini de Serge et Béatrice à la rue Tronchet. Dommage pour les voisins qui voyaient tomber du ciel de l’or, des diamants et des rubis !

  

Mariage de Serge et Béatrice

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Dernier appartement des Ginsburg

55 Avenue Bugeaud


C’est en 1946 que la famille Ginsburg achète un très joli appartement dans le 16ème arrondissement, tout près de la place Dauphine.

 « Je me souviens encore du déménagement, je me revois transportant mon lit pliant sous le regard des bourgeois chicos du quartier, la honte… un joli petit appartement sur cour, où je suis revenu souvent, au hasard de mes déconvenues sentimentales et autres… Mon père m’avait autorisé à installer un petit atelier, dans la mansarde. » (Serge Gainsbourg)

Cet appartement sera pour Serge un refuge, non seulement pour la chambre de bonne au-dessus, qu’il aménagera très vite (non pas comme un atelier mais comme une pièce à vivre), mais aussi pour le piano à queue de son père, installé dans le salon. À cette époque, Serge se cherche, il se verrait bien devenir un peintre, mais il peine à trouver un vrai style. Son père lui conseille alors d’apprendre la guitare. Il suit des cours avec un gitan. Le guitariste que Serge admire le plus est alors Djengo Reinhardt. A la place Pigalle, où son père se rend régulièrement pour trouver du travail (c’est ici que les musiciens de Paris se rendaient pour se faire embaucher dans les bars, dancings, restaurants…), il va trouver pour son fils Lulu de quoi se faire un peu d’argent de poche. Mais le fils et le père finissent par se disputer, et Lulu décide alors de se débrouiller seul. Avec un ami borgne qui chante des chansons italiennes, ils vont faire la manche sur les terrasses des cafés de Paris. Au bout de seulement deux jours, sans un sou, Lulu rentrera s’excuser auprès de son père. Les parents finissent par accepter que Lulu s’installe dans la petite chambre de bonne au-dessus de chez eux. Il passe ses soirées à jouer de la guitare dans les bars et les restaurants, et ses nuits à peindre à la recherche de son œuvre. Mais côté peinture, il n’arrive pas à grand-chose. Son plus grand regret sera de ne pas percer dans cet art qu’il dit majeur. Pour se perfectionner, il va fréquenter les cours d’André Lhote et Fernand  Léger. Faute de progresser, il y trouvera celle qui allait devenir sa première femme : Elisabeth Levitsky. Il n’a que 19 ans et est très timide devant cette femme sophistiquée de deux ans de plus que lui. Pourtant, un soir, alors qu’il la raccompagne depuis plus d’une semaine chez elle, le petit Lulu se jette à l’eau.

Elisabeth Levitsky : « Au bout d’une semaine de ce manège, il finit par me demander, au lieu de rester dans la rue, s’il peut monter. Je trouvais qu’il était vraiment timide et qu’il mettait du temps à se décider. Il avait sa guitare. Il m’a fait un petit concert de jazz et moi une tasse thé. On se disait vous, il m’expliquait tous ces accords très compliqués. Moi j’étais sur le lit de cette toute petite chambre et je me disais : qu’est-ce qu’il attend ? Mais il était trop tard pour son dernier métro. Alors je me suis poussée et je lui ai dit : Viens donc ! Il s’est assis à côté de moi, il a posé sa guitare et il a éteint. Et comme il est arrivé à baiser sept fois de suite dans la nuit, il ne l’a jamais oublié. Sept d’un coup ! Comme le petit tailleur ! répétait-il toujours par la suite. »

Il était en forme, le Lulu, mais bien loin encore du temps où il pourra se permettre de brûler un billet de 500 francs. Il quittera la petite chambre de bonne au-dessus de chez ses parents pour aller vivre avec Élisabeth, mais la misère les fera vite revenir.

Serge Gainsbourg au 55, rue Bugeaud
Mariage de Serge Gainsbourg et Elisabeth Levitsky

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